"Sans te voir, nous croyons ! Sans te voir, nous t’aimons !"
Nous ne savons pas ce que Thomas était parti faire alors que les apôtres s’étaient enfermés par peur des juifs. Peut-être avait-il remplacé Judas pour s’occuper de la bourse et, au soir de cette journée pleine d’émotions, il fallait bien trouver de quoi manger pour tout le groupe. Tout de même, Jésus aurait pu attendre son retour avant d’apparaître aux autres !
Mais, heureusement pour nous, Thomas est absent. Et à sa place, nous aurions sans doute eu la même réaction. Comment imaginer que Jésus, celui que toute la foule de Jérusalem avait vu mourir sur la croix deux jours auparavant, puisse encore être vivant ? Ses compagnons ont sûrement voulu se moquer de lui.
On devine le sourire de Jésus, lorsqu’il revient 8 jours plus tard et interpelle Thomas : "Avance ton doigt ici !" Surprise de celui-ci qui sent le regard de Jésus pénétrer jusqu’au fond de son cœur. Avant même d’obéir à la parole de Jésus et de le toucher, Thomas a compris tout l’amour que son Maître a pour lui, comment il l’a suivi de ce même regard tout au long de cette semaine, et alors, il affirme bien fort sa foi qui maintenant sera sans faille.
En regardant cette scène, il est bon de nous poser quelques questions sur notre foi : Quand a commencé notre foi ? Sur quoi ou sur qui s’appuie-t-elle ?
Pourquoi doutons-nous parfois de la présence de Jésus dans notre vie ?
Oui, Jésus redit à chacun de nous ce matin : "Heureux ceux qui croient sans avoir vu !" Quelle découverte, quelle joie lorsqu’un jour, nous le verrons face à face !
De plus en plus, nous voyons des chrétiens qui se laissent entrainer dans les sectes, qui essayent de donner une certaine confiance en des pratiques qui sont parfois bien loin de l’Evangile. Pourtant, au jour de leur baptême, de leur première communion et surtout de leur confirmation, ils ont bien affirmé leur foi en Jésus seul. Je voudrais les inviter à regarder cette Eglise qui a plus de 2000 ans, qui s’appuie sur les apôtres Pierre, Paul, Thomas que nous venons de fêter ces jours-ci, et à comprendre qu’à travers les siècles, avec des tempêtes qui semblaient parfois la submerger, l’Eglise continue à être une "lumière" pour toutes les nations, grâce à son unité autour des apôtres et de leurs successeurs.
C’est aussi l’occasion de prier pour celui que Dieu a choisi pour remplacer Pierre et qui nous donne l’exemple de cette foi en celui qu’il ne voit pas mais à qui il fait confiance.
Père André Chauvin, SMA