
(Marc 4, 35-41)
Ce passage de l’évangile de Marc nous met en face de la double peur des apôtres, des hommes pourtant habitués aux tempêtes du lac de Génésareth. Peur de périr dans les flots, mais aussi, peur devant la puissance de Jésus sur le vent et la mer. « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
Marc nous présente, en contraste, le calme, la sérénité de Jésus qui dort tranquillement à l’arrière de la barque. Un Jésus fatigué sûrement après avoir parlé toute la journée à la foule, mais un Jésus qui veut éprouver la foi de ses apôtres. Difficile de lutter contre la peur. Rappelons-nous par exemple la peur de Pierre devant une simple servante, le soir du Jeudi-Saint.
Qui de nous ne vit pas des peurs dans sa vie ? Notre Pape, Benoît XVI nous le rappelle à plusieurs reprises dans ses discours à l’occasion de son voyage au Bénin. Il nous invite à l’espérance et à la foi.
Au palais présidentiel, il a dit : « L’Afrique est le continent de l’espérance. » et il ajoute : « Avoir de l’espérance, ce n’est pas être ingénu mais c’est poser un acte de Foi en Dieu. »
Alors, écoutons ce reproche que Jésus fait aux apôtres et qu’il nous adresse aujourd’hui : « Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » A cause d’une petite tempête, à cause d’un voisin qui nous en veut, à cause d’un échec à l’examen, d’une maladie, à cause d’une peur qui nous envahit, nous oublions que Jésus est là, dans notre cœur, même s’il fait semblant de dormir ou si nous ne sentons pas sa présence.
En face des divisions, des haines, des injustices, Benoît XVI nous invite à être lumière du monde, sel de la terre. Avons-nous commencé, seul ou avec d’autres à mettre cela en pratique ? Comment ?
Je relève encore cette phrase dans l’homélie du Pape au Stade de Cotonou : « Chers frères et sœurs, je vous encourage donc à affermir votre foi en Jésus-Christ, en opérant une authentique conversion à sa personne. Lui seul nous donne la vie véritable et peut nous libérer de toutes nos peurs et lenteurs, de toutes nos angoisses. »
Il est bon, deux mois après la visite du Pape de voir quelle conversion s’est opérée en nous, dans notre cœur, depuis son passage. Pouvons-nous relever quelques points ou nos attitudes, nos paroles, nos actes ont vraiment changé et ont révélé notre foi et notre fidélité au Seigneur devant les autres ?
« Lève-toi, Eglise en Afrique ! » (Exhortation N°173) - Rendons grâce à nouveau pour notre Eglise qui a reçu mission d’éclairer les autres nations et prions pour tous les béninoises et béninois qui, avec courage et conviction, annoncent la bonne nouvelle à l’extérieur de leur pays.
Père André CHAUVIN, SMA