La liturgie de ce vendredi de la 12emesemaine du temps ordinaire de l’Année C nous propose, à travers le récit de la guérison du serviteur du Centurion romain, une méditation centrée sur la charité et la foi.
Jésus vient d’entrer dans Capharnaüm. Il est tout de suite sollicité par un Centurion de l’armée romaine pour guérir son serviteur malade. C’est sur cette demande que s’engage une conversation qui permet à Jésus d’apprécier la profondeur de la foi de ce païen et de le proposer en exemple. L’homme le mérite bien pour au moins deux choses qui doivent nous instruire : sa charité et la maturité de sa foi.
C’est d’abord la charité de ce centurion qui doit nous interpeler. Il est le patron mais il est sensible à la souffrance de son subalterne. Sa position supérieure ne lui fait pas perdre de vue que tout homme est d’abord un frère. Voilà un geste qui interpelle notre sens de relation entre supérieur et inférieur, entre employeur et employer, entre éducateur et éduqué, entre gouvernants et gouvernés entre pasteurs et brebis. De plus en plus tout est fait, tous les moyens sont mis en œuvre pour creuser la distance entre le chef et ses collaborateurs et faire malheureusement perdre de vue que nous partageons la même humanité. Le bel exemple du Centurion romain qui est un païen nous rappelle que la loi d’amour prêché par le Christ est d’abord une vertu humaine que le chrétien s’il n’y prend garde risque d’aller apprendre à l’école de ceux qu’on a souvent trop vite fait d’appeler païens. Ce n’est donc pas aux propos révélateurs d’une foi profonde que Jésus se fie pour apprécier les mérites de ce païen mais c’est déjà sa charité qui séduit Jésus. Jésus avait découvert que sa charité est fondée sur une foi conséquente.
Ce que Jésus propose en modèle c’est donc une foi qui n’est pas seulement proclamée mais vécu. Evidemment une foi vécue ne peut que faire la différence lorsqu’elle est appelée à se confesser. Son niveau se montre élevée et irréprochable. Nos églises sons pleines et l’enthousiasme dans l’expression de la foi est fascinante : ça chante, et ça danse. Mais quel paradoxe quand on constate que des chrétiens aussi enflammés au non de leur foi soient de ceux qui courent après les messages, les petits signes comme si la puissance agissante du christ pouvait être conditionnée par les contingences de la vie.
Dans ces conditions nous avons à appendre de ce Centurion venu du paganisme domaine par excellence du fétichisme qu’avec le Christ incarné, les autres médiations n’ont et que le fétichisme ne peut plus subsister quand on a rencontré le christ. C’est le lieu de dire que certaines de nos attitudes tendent à instaurer un christianisme fétichiste.
Prions le Seigneur de rendre notre foi plus agissante et que et de la purifier de tout germe de fétichisme.
Abbé Léandre DEGBEGNON