(Luc, 9, 43b,-45)
Chaque semaine nous apporte, dans nos familles, dans notre paroisse, dans notre monde son lot de mauvaises nouvelles : maladies, décès, guerres, violence. Il en a toujours été ainsi et, du temps de Jésus, le peuple juif attendait le Messie et soupirait après la délivrance de l’occupation romaine.
On parlait d’un certain Jésus de Nazareth, (mais peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth, disait-on aussi ?), qui accomplissait des miracles et se prétendait envoyé de Dieu. Les apôtres y avaient cru et se réjouissaient de voir la puissance de cet homme devant la maladie et même la mort. Sans doute, il n’était pas riche, - pas même un oreiller pour reposer sa tête, - mais il était sympathique et invitait à la justice, à l’amour et à la paix.
Aussi, quand Jésus commence à leur parler de souffrance, de mort brutale qu’il doit subir, on comprend leur désarroi et leur doute. Ils avaient peur de l’interroger et de découvrir la vérité.
Après 2000 ans de christianisme, l’histoire a donné raison à Jésus. Dieu a vraiment sauvé non seulement son peuple mais toute l’humanité par sa mort sur la Croix et sa résurrection.
Il nous faut, à notre tour, accepter ce chemin tracé par Jésus dans notre vie. Jésus ne nous invite pas à souffrir comme lui, mais à comprendre que nous n’atteindrons pas le bonheur sans un choix de notre part, sans une lutte contre le mal sous toutes ses formes, sans une purification de notre être, blessé par le péché originel. Lui-même a fait l’essentiel de notre salut dans sa mort sur la Croix. Il nous demande seulement de le suivre, en écoutant sa Parole et en la mettant en pratique, d’unir nos souffrances aux siennes et surtout de préparer notre bonheur éternel en faisant grandir en nous cet amour qu’il est venu nous proposer.
Où en sommes-nous de cet amour avec ceux qui nous entourent ? Dans notre famille, notre paroisse, nos rencontres, notre travail ? Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. L’amour exige le don de soi, et donc le renoncement à tout égoïsme, à ses désirs ou à ses habitudes pour chercher ce qui peut aider les autres à aimer davantage.
C’est ce que les saints et les martyrs ont vécu avec joie et nous ne pouvons les condamner, mais les admirer et les imiter en leur demandant d’intercéder pour que nous puissions, à notre tour, découvrir que l’amour seul peut transformer notre cœur et notre monde.
Père André Chauvin, sma