
(2ème Samuel 1, 1…37 ; Marc 3, 20-21)
Si nous avons lu les textes que l’Eglise nous a proposés dans la liturgie de cette semaine, nous avons pu suivre cette belle histoire du choix de David par Dieu comme roi d’Israël et ses démêlés avec son prédécesseur le roi Saül. Malgré la haine que celui-ci lui porte, David continue de l’aimer même après sa mort. Sans doute David n’est pas parfait et il va pécher gravement contre Dieu, mais son repentir et son amour feront que l’alliance conclue par Dieu avec lui aboutira à la venue de Jésus sur la terre. Pensons au reniement et au pardon de Pierre : « Pierre, m’aimes-tu ? »
Par contre, l’évangile de Marc nous montre la tension qui grandit entre Jésus et les pharisiens qui cherchent à le faire mourir (Mc 3, 6) et même aujourd’hui avec sa propre famille (Mc 3, 21). Et pourtant, Jésus « passe en faisant le bien ».
La semaine de prière pour l’Unité des chrétiens nous rappelle toutes ces tensions qui existent aujourd’hui entre nous, les chrétiens, nous qui prétendons être les vrais disciples du Christ. Comme il est difficile de reconnaître nos propres torts, de demander pardon et surtout d’adopter enfin un comportement exemplaire qui, sans doute va attirer la critique de ceux qui ne pensent pas comme nous, mais qui va aussi attirer sur nos frères chrétiens la grâce de l’unité que nous demandons au Seigneur depuis des années.
La prière ne suffit pas. Il nous faut joindre les actes à la parole. Et si nous commencions à changer le regard que nous portons sur nos frères chrétiens, non catholiques ? Ils ont leurs qualités que nous devons deviner à travers leur foi et leurs prières.
Il faudrait aussi qu’en nous regardant vivre, ils se sentent attirés par l’amour que nous devons vivre entre nous : « Voyez comme ils s’aiment ». Il n’est jamais trop tard pour commencer, encore faut-il avoir le désir et la volonté de le faire.
Notre église catholique, parce qu’elle et la plus nombreuse, doit faire le premier pas vers l’unité et la réconciliation. Rappelons-nous les paroles pressantes de Benoît XVI, lorsqu’il est venu nous visiter. A tous, hommes politiques, évêques, prêtres, séminaristes, religieux, religieuses, laïcs, il a demandé avec force de vivre cette réconciliation et d’être un exemple et un modèle pour les autres nations et continents. L’avons-nous déjà oublié ? Relisons le N° 89 de l’Exhortation Apostolique Africae Munus, surtout en cette semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens.
N.B. S’il y a la place on peut ajouter le N° 89 de l’exhortation :
A. LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE DÉFI DES NOUVEAUX MOUVEMENTS RELIGIEUX
89. En invitant à participer à l’Assemblée synodale nos frères chrétiens orthodoxes, coptes orthodoxes, luthériens, anglicans et méthodistes – et en particulier Sa Sainteté Abuna Paulos, Patriarche de l’Église orthodoxe Tewahedo d’Éthiopie, une des plus anciennes communautés chrétiennes du continent africain – j’ai voulu signifier que le chemin vers la réconciliation passe d’abord par la communion des disciples du Christ. Un christianisme divisé demeure un scandale puisqu’il contredit de facto la volonté du Divin Maître (cf. Jn 17, 21). Le dialogue œcuménique vise donc à orienter notre marche commune vers l’unité des chrétiens, en étant assidus à l’écoute de la Parole de Dieu, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (cf. Ac 2,42). J’exhorte toute la famille ecclésiale – les Églises locales, les Instituts de vie consacrée et les associations et mouvements de laïcs – à poursuivre ce chemin de façon plus résolue, dans l’esprit et sur la base des indications du Directoire œcuménique, et à travers les diverses associations œcuméniques existantes. J’invite par ailleurs à en former de nouvelles là où cela peut représenter une aide pour la mission. Puissions-nous entreprendre ensemble des œuvres de charité et protéger les patrimoines religieux grâce auxquels les disciples du Christ trouvent les forces spirituelles dont ils ont besoin pour l’édification de la famille humaine !
Père André CHAUVIN, SMA