
2ième semaine de Pâques // Année C
Actes des Apôtres 6, 1-7 // Psaume 32 (33) // Jean 6, 16-21.
Laissons-nous attirer par quelques éléments périphériques de l’Evangile : les disciples descendirent au bord du lac, les mêmes s’embarquent pour l’autre rive, il faisait nuit, Jésus n’était physiquement pas là, un grand vent souffle, le lac devient houleux. Voilà le décor de la scène, décor assombri par chacun des éléments qui le constituent de fait. La réalité est que rien de ce contexte n’est de nature sinon à apaiser les Apôtres du moins à les maintenir dans la sérénité et la tranquillité des jours et des moments ordinaires !
Et le Christ n’arrange apparemment pas les événements en leur apparaissant à la manière d’un ‘’fantôme’’ marchant sur les eaux ; il rajoute de la peur à leur peur : les apôtres sont saisis de crainte. Mais il les rassure : « C’est moi. Soyez sans crainte. »
Un premier contact avec Jésus-Christ peut avoir quelque chose de dégoûtant, il peut même nous faire et nous donner l’impression d’être un pur ‘’fantôme’’ sorti de nulle part ; il peut nous faire peur ; le Christ peut donner l’impression de renforcer nos peurs et nos craintes, il peut donner l’impression d’accroître nos raisons d’avoir peur ainsi que les raisons de nos peurs. Cependant c’est Lui seul qui a les moyens de nous rassurer face à la nuit de nos péchés, face au grand vent de nos agitations permanentes, de nos hésitations et de nos doutes, face au lac houleux de nos craintes supposées ou réelles, Jésus nous redit : « C’est moi. Soyez [sois] sans crainte. » Et cette peur et cette crainte s’épanouissent assez rapidement pour devenir amour de « Celui qui les aima jusqu’au bout. »
De plus, le Christ se montre à nous à l’heure et au lieu où nous l’attendons bien moins ! Ceci signifie la permanence de sa présence en nos vies ; il apparaît marchant sur la mer pour dire sa seigneurie sur la création et les potentielles formes et germes de mort en le créé. Si le Christ est là, présence en notre présence, c’est à nous qu’il revient non pas de le retenir dans la barque exclusive de nos vies, comme les apôtres tentent de le faire, mais plutôt de saisir le message de grâce qu’il nous offre par sa présence !
Discernons la présence réelle du Christ qui est avec nous et qui nous attend aux différents carrefours de notre existence ! Abandonnons-nous à Lui et laissons-lui la préséance en vos vies !
Père Frédéric Serge KOGUE