
Frères et sœurs en Christ,
Chers amis,
La Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes, aux numéros 16 et 17, évoque la dignité de la conscience humaine et la grandeur de la liberté de l’homme et résume bien la 1ère lecture et l’évangile du jour ; 1ère lecture où Dieu crée l’homme libre et le met en face de sa conscience « Tu peux (et non tu dois) manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais quant à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu seras condamné à mourir » ; autrement dit « Accomplis ce bien, évite ce mal ».
C’est par l’accomplissement du bien, du vrai et du beau que l’homme acquiert sa pureté et se rend digne de Dieu. Alors pour nous, pour nos traditions et nos sociétés, à l’heure de la globalisation et de la mondialisation, qu’est-ce qui est pur et qu’est-ce qui est impur ? Pour ne pas courir le risque d’opposer nos traditions au commandement de Dieu, demandons-nous plutôt, pour Dieu, qu’est-ce qui est pur et qu’est-ce qui est impur ? Lorsque les hommes vous abordent et vous disent qu’ils ont commis l’impureté, c’est qu’ils ont restreint le champ de l’impureté à la sexualité, alors que dans l’Ancien Testament, sont impurs par nature certains animaux et les personnes qui portent certaines maladies (la lèpre) ou qui entrent en contact avec des cadavres humains ou animaux. Sont impurs ceux qui ont des sécrétions corporelles, des épanchements séminaux, des règles ; et par analogie, le péché est assimilé à l’impureté, l’hypocrisie des pharisiens est de l’impureté « Pharisien aveugle ! Purifie d’abord le dedans de la coupe, pour que le dehors aussi devienne pur » (Mt 23, 25-26).
Mais constatez l’attitude de Jésus, il fustige le comportement de ceux-là qui se font passer pour des gens purs et il côtoie les impurs, les touche, les guérit et situe dans l’évangile du jour la véritable impureté à l’intérieur de l’homme « Ce qui sort du cœur de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude (électorale, bientôt il y aura les élections), débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans et rend l’homme impur. »
Le cœur est le siège de la personnalité et c’est à juste titre que les cœurs purs sont heureux, heureux parce que purs et heureux de pouvoir voir Dieu. Hermas conseillait pour avoir le cœur pur de se maintenir « dans la simplicité, l’innocence » et d’être « comme les petits enfants qui ignorent le mal destructeur de la vie des hommes (Hermas, mand. 2, 1) ».
La pureté chrétienne demande une certaine purification de soi par l’écoute de la parole de Dieu et par la fréquentation des sacrements (confession et communion au moins) et une purification du climat social enclin au voyeurisme et à l’érotisme. Ce qui est appelé la permissivité des mœurs repose sur une conception erronée de la liberté humaine et la "Bonne Nouvelle du Christ rénove constamment la vie et la culture de l’homme déchu : elle combat et écarte les erreurs et les maux qui proviennent de la séduction permanente du péché. Elle ne cesse de purifier et d’élever la moralité des peuples. Par les richesses d’en haut, elle féconde comme de l’intérieur les qualités spirituelles et les dons propres à chaque peuple et à chaque âge. Elle les fortifie, les parfait et les restaure dans le Christ " (Gaudium et Spes 58, § 4). Notre combat pour la pureté consistera, pour parler un peu comme les physiciens, en ce qu’aucun corps ou élément étranger (le péché par exemple) ne soit contenu dans notre relation propre avec Dieu et avec le prochain.
Demandons à l’Esprit-Saint de rendre purs nos actes et nos intentions, nos corps et nos esprits, nos personnes et nos biens.
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU