Méditation du Mercredi 30 Novembre 2011

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

L’on a du plaisir à entendre ce récit du festin messianique du livre d’Isaïe : « Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés ». Un Seigneur Cuisinier et un Seigneur Consolateur « Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppaient tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations ».
Dans l’évangile, Jésus se posera aussi en Seigneur Cuisinier et Consolateur. Il console les foules, rend la parole aux muets, guérit les estropiés, fait marcher les boiteux, et fait retrouver la vue aux aveugles ; et le fruit de la consolation est la gloire que cette foule rend à Dieu. Cette gloire cache une déchéance physique la faim. C’est alors que Jésus va faire la cuisine, il va opérer le miracle. De toute évidence, constatons que l’accent porte moins sur la multiplication proprement dite que sur le rassemblement de tout le peuple par Jésus et par le fait qu’il les rassasie. Après cet acte à peine voilé d’autorité messianique, Jésus va renvoyer la foule, dans un verset qui n’est pas lu ce jour. Il rompt le contact avec la foule, sans doute pour éviter l’agitation religieuse et nationaliste. Jésus n’est pas un agitateur de foule, il ne les utilise pas, il les accueille, les rassemble et les nourrit. Son autorité de maître s’accomplit dans la compassion envers la multitude et dans la collaboration avec ses disciples. « Combien de pains, avez-vous ? », demande-t-ils aux disciples, et après la multiplication, il donne les pains aux disciples, et les disciples aux foules. Il ne les donne pas directement aux foules, même s’il le pouvait. Il fait de ses disciples des relais de distribution. Il décentralise son autorité en leur apprenant à servir.
Cette faim messianique de la foule résume chacune de nos faims. Et je ne suis pas dans l’erreur quand je pense que cette foule, demeurée trois jours (n’oublions pas le symbolisme des trois jours : Jésus perdu et retrouvé au temple le troisième jour, et Jésus ressuscité le 3ème jour) sans manger pour rester avec Jésus, pressentait sans doute obscurément qu’il est le Rassembleur eschatologique des tribus dispersées.
O Jésus, le bon Berger, en ce temps d’avent, mène-nous vers les eaux tranquilles et fais-nous revivre. Conduis-nous par le juste chemin pour l’honneur de ton nom. Rends débordantes nos coupes et que grâce et bonheur nous accompagnent toujours et partout. Amen

Père Hermann NADOHOU

Publié le 30 novembre 2011.

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