Méditation du Mercredi 29 Juin 2011

Chers amis,

Je voudrais partir de la confession de Pierre à Césarée pour comprendre que ce qui frappe dans la variété des opinions qui circulent au sujet de Jésus est bien unique, une unité biblique : personne ne croit que Jésus est une individualité exceptionnelle détachée de l’histoire du peuple d’Israël. Tous, sauf Pierre et les apôtres, pensent, en se trompant sur sa réelle identité, que Jésus pourrait être un envoyé de Dieu, un rappel et un accomplissement des interventions historiques de Dieu dans le passé : Jean-Baptiste, Elie, Jérémie ou l’un des prophètes. Pierre va véritablement dire au nom des disciples qui est Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». C’est ce même Messie que Paul va annoncer de tout son cœur après sa conversion. Pierre fut le premier à confesser la foi dans le Christ, Paul obtint le don de pouvoir en approfondir la richesse. Pierre fonda la première communauté des chrétiens provenant du peuple élu, Paul devint l’apôtre des païens.

Avec votre permission, je voudrais voir saints Pierre et Paul comme deux conducteurs de barque (l’Eglise), l’un devant avec sa pagaie, et l’autre derrière avec sa pagaie, menant la barque du Seigneur , l’Eglise, vers le Royaume, ne craignant ni coup de vents violents, ni tornade, ni intempéries. Qui étaient ces deux princes et piliers de l’Eglise du Christ ?

Saint Pierre était galiléen et pécheur, installé à Capharnaüm au bord du lac de Tibériade. Saint Paul était un juif de la Diaspora, de Tarse en Asie Mineure. Tous deux verront leur vie bouleversée par la rencontre personnelle avec le Christ et du jour au lendemain, ils quitteront tout pour Le suivre. Tous deux sont unis en Christ et pour le Christ dont ils annoncent l’évangile selon leur charisme propre. Ils sont de tempéraments différents, mais ils sont unis par la mission et par le sacrifice. Bien qu’humainement différents l’un de l’autre, et bien que la relation entre eux ne fût pas exempte de tensions, Pierre et Paul apparaissent comme les initiateurs d’une nouvelle cité, les bâtisseurs d’une manière nouvelle et authentique d’être frères, rendue possible par l’Evangile de Jésus Christ. Leur sang a rendu féconde l’Eglise du Christ, puisque les deux ont consacré leur existence à l’unité de l’Eglise jusqu’au sacrifice suprême du sang. Une très ancienne tradition, qui remonte aux temps apostoliques, raconte que, à Rome où se déroula leur dernière rencontre avant le martyre, ils se seraient embrassés et bénis mutuellement. On dirait Romulus et Remus, deux frères de l’histoire de la fondation de Rome. Dès le début, la tradition chrétienne a considéré Pierre et Paul inséparables l’un de l’autre, même s’ils eurent chacun une mission différente à accomplir : avec des charismes différents, ils œuvrèrent pour une unique cause : l’édification de l’Eglise, corps du Christ. Et saint Léon le Grand de commenter sur Pierre et Paul : »De leurs mérites et de leurs vertus, supérieurs à ce que l’on peut dire, nous ne devons rien penser qui les oppose, rien qui les divise, parce que l’élection les a rendus des pairs, la difficulté des semblables et la fin des égaux" (In natali apostol., 69, 6-7).

Chers frères et sœurs, comme aux commencements, aujourd’hui aussi le Christ a besoin d’apôtres prêts à se sacrifier. Il a besoin de témoins et de martyrs comme saints Pierre et Paul. Ne laissons pas la barque du Christ prendre de l’eau de toutes parts. Tenons bien notre place dans la barque pour le bonheur de l’humanité.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 29 juin 2011.

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