
Chers amis,
Après la naissance de Jésus, le Sauveur de l’humanité, on est en droit de s’attendre à voir au moins sa maman l’allaitant en paix et des voisins faisant le défilé pour offrir des présents au nouveau-né et féliciter la mère : qui par des pains de savons pour la lessive des habits du nouveau-né, de la poudre, de la pommade et autres pour sa toilette. Mais c’est à une fuite que nous assisterons.
Dès ses premières heures d’existence sur terre, le Fils de Dieu dans son innocence d’enfant devient comme une menace pour le Roi Hérode qui veut l’éliminer. Hérode entre en fureur, et la vraie raison n’est pas que les Mages l’ont trompé, mais son trône, à lui Hérode, est menacé, trône pour lequel il n’hésitera pas à sacrifier sa propre épouse Mariamne, la seule de ses dix femmes qu’il aimait, sa belle-mère Alexandra et trois de ses fils qu’il suspectait de comploter pour l’évincer du pouvoir. Ses massacres ont vite fait de lui faire acquérir la réputation d’un tyran sanguinaire et paranoïaque. Il décide de faire mourir tous les enfants pour s’assurer que le Roi qui vient de naître est vraiment mort dans le lot. Le psalmiste dira « Illusion ».
Et voilà, l’ange investit Joseph d’une mission divine d’assistance et de protection de l’enfant et de sa mère « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte ». La nuit est favorable à cette fuite ordonnée par Dieu. N’oublions pas que c’est de nuit que les fils d’Israël vont quitter l’Egypte. L’histoire du salut semble faire machine arrière, mais c’est pour vite accélérer. Le Sauveur se sauve pour mieux sauver et l’Egypte joue un rôle capital dans l’histoire du salut du peuple juif, en accueillant le Messie et en devenant une terre d’accueil et une terre d’asile du tout petit Jésus.
Hérode qui n’a pas protégé ses enfants innocents ne tardera pas lui aussi à mourir peu de temps après, selon les annales de l’histoire des juifs. Et Joseph ramenera Jésus avec sa mère sur la terre d’Israël.
Le plus important pour nous c’est la docilité de Joseph, prêt à servir de jour comme de nuit sans négocier et surtout prêt à protéger l’enfant Jésus et sa mère. Le Sauveur naît dans un monde de violence. Et il connaît notre monde mieux que quiconque. Il va avertir plus tard ses disciples « Si l’on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre ». Mais avant, lui-même en fait l’expérience.
Chaque enfant a droit au développement et à l’épanouissement de sa personnalité, à une éducation sans violence et à une protection particulière contre les sévices, la négligence et l’exploitation. Nous devons donc respecter, protéger et soutenir enfants et veiller à ce que leurs conditions de vie soient conformes à leurs besoins. Car « Leurs anges dans les cieux, dit Jésus, voient sans cesse la face de mon Père » (Mt 18,10).
Que ces saints innocents rachetés d’entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l’Agneau nous obtienne d’avoir un cœur d’enfant pour mériter d’entrer dans le Royaume de Dieu. Amen
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU