Méditation du Mercredi 26 Mai 2010

Réf. 1P1, 18-25 ; Ps 147 ; Mc 10, 32-45.

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). Bien aimés du Seigneur !
Les textes de la liturgie de ce jour nous mettent en face d’une réalité existentielle qui touche de près à notre contemporanéité et à notre civilisation actuelle où la culture du moi (ego) s’implante de plus en plus dans la conscience humaine. Blaise Pascal dans Pensées et Opuscules soulignait que « la nature de l’amour propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi » . En effet, le schéma de nos considérations humaines et de nos options est souvent fondé sur notre désir de jouir des honneurs et des privilèges au point d’occuper les premières places ou les premiers rangs par rapport aux autres quand bien même cet honneur et ce rang ne nous sont pas dus en raison de notre indignité.
C’est face à cette attitude des disciples Jacques et Jean, fils de Zébédée, que Jésus s’insurge en faussant leur jeu calculateur pour opposer la compréhension véritable qu’ils devraient avoir (ces deux disciples) sur la gloire du Christ. On ne le dira jamais assez, c’est par bien des épreuves que le Christ a passé pour ouvrir les portes du salut à toute l’humanité. Car la gloire du Christ n’est pas de dominer mais de servir les hommes qu’Il aime au point de donner sa vie pour les sauver. Et si Jésus annonce à ses disciples qu’Il sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes qui le condamneront à mort, qui le livreront aux païens… , qui le flageront et qui le tueront, Il n’a pas manqué de leur faire savoir que le troisième jour , Il ressuscitera. Autrement dit, la logique de la rédemption dans laquelle s’est inscrite toute la vie du Christ, n’est pas exemptée de la souffrance et de l’épreuve qui précèdent et authentifient sa glorification à laquelle Il veut associer toute l’humanité pécheresse.
C’est la plus belle leçon de l’existence humaine que le Christ ait donné à notre civilisation qui s’entête cependant à chercher la gloire et l’honneur en tentant d’évacuer de son existence ce qui la fonde et lui donne sens et consistance : les épreuves et les difficultés qui vérifient la foi et la détermination de l’homme. C’est ce qui nous sauve et non les vaines gloires ; c’est ce qui accorde du crédit à notre autorité et non la recherche effrénée du pouvoir. J. LAPLACE l’a compris quand il affirme que « l’autorité respectée est celle qui s’impose pour le service qu’elle rend » . L’affirmation de St Pierre lève toute équivoque à ce sujet : « Frères, … ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits. C’est le sang précieux du Christ, l’agneau sans défaut et sans tache » (1 P 1, 18-19). L’anthropologie de notre monde actuel semble se situer à ce stade où la facilité prend le pas sur tout ce qui requiert difficulté et souffrance et nous voyons ainsi où va notre monde : paresse et facilité se donnent la main pour conduire notre monde à sa perte. Or, la vie chrétienne n’est pas de tout repos ni de toute facilité ; elle est une vie de combat permanent. Le Christ nous en donne l’exemple.
Que le Seigneur nous aide à nous mettre au service les uns des autres pour nous accueillir un jour et pour toujours dans sa félicité éternelle.

P. Maxime AHOMAGNON

Publié le 26 mai 2010.

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