Méditation du Mercredi 25 Mai 2011

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

Ce texte d’évangile est d’une richesse inépuisable. S’il a le privilège d’être une sous-section de la grande section qu’est le dernier discours de Jésus, placé par l’Evangéliste Jean au cours du dernier repas de Jésus avec ses disciples la veille de sa mort, il nous invite expressément à savoir que nous avons tout à gagner en cultivant la proximité et surtout l’intimité et l’unité avec Jésus pour être des gens épanouis en Dieu, comme le vin épanouit…..

Jésus situe chacun dans le texte « Moi, je suis la vraie vigne », « vous êtes les sarments » « Mon Père est le vigneron ». Et chacun retrouve sa place tout en étant lié. Remarquons que la culture de la vigne exige et requiert un travail attentif et ingénieux de l’homme, beaucoup de patience et de soins réguliers et constants (débourrement, liage, relevage, palissage, rognage) et un meilleur rythme des saisons pour favoriser la fructification, et comprenons alors tout le soin que Dieu prend de nous lorsque nous sommes attachés à Jésus. Quand Jésus nous dit : "Je suis la Vigne, et mon père est le Vigneron", il veut bien nous dire que par lui, Dieu prend soin de l’humanité, c’est cela qui justifie son insistance « Demeurez en moi »
Dans les civilisations du pourtour méditerranéen, favorable à la culture de la vigne, il y a comme un rapport entre la divinité qui soûle et qui pousse à la transe, à l’extase et le vin qui soûle, de sorte que le vin a acquis une signification divine, et son bouillonnement inexpliqué qui peut pousser à l’enivrement, à l’euphorie passait pour certains comme une intervention d’une puissance surnaturelle extraordinaire. Le vin gardera son symbolisme de joie, de l’Esprit-Saint, de sagesse et de vérité qui découlent de la connaissance de Dieu.

La sollicitude quotidienne du vigneron pour sa vigne s’apparente à la sollicitation recommandée du jeune époux en faveur de son épouse. Cette épouse, c’est bien Israël vers qui convergent les images de vigne dans l’Ancien Testament. Dieu voulait vivre avec son peuple, un lien d’amour fait de bonheurs. Mais Israël s’en dérobe. Pour qui est familier à cette image de vigne dans la Bible, il se souvient que Noé sorti de l’arche est considéré comme le 1er viticulteur signalé par la Bible et qui s’est soûlé en fêtant la fin des inondations « Noé fut le 1er agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin, s’enivra et se trouva nu à l’intérieur de sa tente... » Genèse 9,20. L’abondance du mot vigne dans la Bible (176 fois) et les 455 occurrences construites sur vin ou vigne nous disent l’importance du mot "vigne". Et Jésus semble bien saisir cette importance, c’est pour cela justement que, dans le Nouveau Testament et avec ce passage d’évangile, il fait un déplacement dans la signification de ce symbole. Il est désormais la vigne de la Nouvelle Alliance. C’est lui qui nous donne le vin nouveau dans l’alliance scellée par son sang « Il prit une coupe remplie de vin… Prenez et buvez, ceci est mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle…. » J’exagère peut-être en pensant que c’est parce qu’il est la vigne qu’il a pu donner du vin aux noces de Cana.

L’image de la vigne et du vin renvoie aussi certes à une certaine gratuité de la vie humaine, à son aspect de joie, d’amitié partagée, mais aussi à cette vie divine que nous recevons par Jésus. Le Christ est la vigne, et la preuve qu’il l’est réellement, c’est qu’il nous donne gratuitement la vie de Dieu par les sacrements et dans son Eglise. Le « Demeurez en moi » va jusque là. Demeurez dans mon Eglise. Demeurez fidèles à mes sacrements. Jésus est la vigne dont le vin enivre et remplit d’amour, de joie et de paix. Que par la puissance de l’Esprit-Saint, Dieu le Père soigne et émonde nos cœurs tout comme le vigneron élague et soigne sa vigne pour qu’ils portent des fruits en abondance et que nos cœurs puissent vivre de la sève du vin nouveau, en étant unis et liés à Jésus pour la vie. Amen

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 25 mai 2011.

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