Méditation du Mercredi 24 Février 2010

Frères et sœurs en Christ,

Chers amis

Les signes sont une constante dans les Saintes Ecritures : le signe que Dieu laisse sur le front de Caïn pour que sa vie soit préservée (Gn 4, 15) ; l’arc dans la nuée que Dieu laisse comme signe de l’alliance avec Noé (Gn 9, 12-13), la circoncision comme nouveau signe de l’alliance de Dieu avec Abraham et ses descendants (Gn 17, 11), et ainsi de suite jusqu’aux signes que Jésus le Signe par excellence fait. Placé sous les yeux de tous, le signe, qui n’est qu’un moyen et non une fin, a pour objet de faire connaître une chose ou une personne cachée. Jonas peut donc comme personne être un signe pour les habitants de Ninive ; Jésus, le Fils de l’homme est un signe pour toute génération. Notre vie avec Dieu devra être fondée sur la foi et non sur les signes, car ce n’est qu’aux “esprits éclairés’’ et aux “cœurs ardents’’ que les signes parlent (lire Jean-Paul II, Mane Nobiscum Domine du 07/10/04, § 14)

Ceux-là, qui étaient venus à Jésus, voulaient, de sa part, un signe éclatant venant du ciel et certifiant qu’il est l’Envoyé du Père. Et, Jésus leur promet plutôt un signe provenant des profondeurs de la terre, quand il se présente comme l’infiniment plus grand que Jonas.

L’infiniment plus grand que Jonas et Salomon est là visible mais il n’est pas reconnu. Comme Jonas, Jésus est un envoyé de Dieu, mais il est plus que Envoyé, il est Sauveur ; ce que Jonas n’a pas été, Jonas était plutôt instrument de salut, messager de grâce, ce que nous pouvons aussi être. Jonas est sorti toujours mortel du ventre de la baleine ; mais Jésus, lui, sortira immortel des profondeurs de la terre. Jonas a été envoyé à un seul peuple, à une seule nation ; Jésus est venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10,10). Salomon a dû prier pour obtenir la sagesse, Jésus est la Sagesse même de Dieu.

Pendant ce précieux et gracieux temps de carême, convertissons-nous comme ces Ninivites face à la proclamation faite par Jonas (en 1ère lecture). Accourons à Jésus non pas pour demander des signes (il nous a laissé ses sacrements, parmi lesquels figure l’Eucharistie, signe par excellence), mais accourons à Lui, Jésus, un peu comme cette Reine de Saba accourut par curiosité à Salomon pour éprouver sa sagesse et s’en ravir. Jésus nous invite à avoir des pensées sages, à tenir des propos sages, à poser des actes sages pendant ce temps de grâce pour être à même de nous lever, au jour du jugement, avec les habitants de Ninive, la grande ville païenne, et la reine de Saba, non pas pour condamner mais pour crier encore Miséricorde Seigneur. Que l’Esprit-Saint nous obtienne la docilité en matière de vie chrétienne et la prudence dans le discernement des signes car tout signe n’est pas de Dieu.

Abbé Hermann NADOHOU

Publié le 24 février 2010.

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