Méditation du Mercredi 23 Mars 2011

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir »

Frères et sœurs en Christ, chers amis

Le temps de carême est aussi le temps où l’on s’arrête pour faire le point et évaluer sa vie chrétienne et voir où on en est comme serviteurs pour bien repartir. Serviteurs, Jérémie et Jésus le furent.

Dans l’évangile, Jésus se prépare à monter à Jérusalem et pour la 3ème fois, il annonce sa passion. Saisissant au vol l’occasion de l’intercession de la mère de Jean et de Jacques, il rappelle à ses disciples sa mission de serviteur et leur mission de serviteurs : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ».

Jérémie n’était pas venu pour être servi, mais pour servir, pour servir le bien, quoi que ça coûte : « Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? ». Jérémie est peut-être ce saule pleureur dont parle F. Godet, mais sa sensibilité ne lui a pas fait perdre la confiance en Dieu. Son présent de serviteur est impérieux, mais son avenir est défini avec quatre actions négatives (arracher, abattre, ruiner et détruire) et deux actions positives (bâtir et planter). « Regarde, je t’établis aujourd’hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes. Jérémie 1, 10 ». Quel programme pour un jeune homme de 20 ans ! Le chrétien est donc serviteur, serviteur du bien comme Jérémie qui, en 1ère lecture, ne comprend pas qu’on puisse lui rendre le mal pour le bien, mais persévère dans le bien.

Tout comme la mission de Jérémie s’est accomplie dans la douleur, l’œuvre messianique de Jésus s’accomplira dans la souffrance. Le chrétien est serviteur du bien. Il y a un plaisir à servir. La mère de Jacques et Jean, fils de Zébédée, l’ignorait peut-être, mais avec sa démarche et le mot de Jésus, on comprend que le désir de paraître et l’ambition démesurée peuvent nous faire perdre de vue l’humilité à avoir dans le service « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir ». Les princes du monde font peser leur domination sur les inférieurs, ils font sentir leur pouvoir, ils réduisent en esclave, ils dépouillent, ils exploitent, ils accroissent et multiplient les violences et la corruption, ils tolèrent le mal et toute sortes de déviation. Ils profitent de leurs titres et de leurs rangs pour faire du mal. Le chrétien n’est pas dans ce schéma, rappelle le Christ « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave ». Il s’imposera comme modèle de Serviteur par le sacrifice de la croix, mais avant par le lavement des pieds « Vous m’appelez Maître et Seigneur et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13,13-15)

Demandons à l’Esprit-Saint de nous faire comprendre que ce ne sera ni les titres, ni les honneurs de ce monde qui nous sauveront, mais le bien que nous aurons fait et que l’Esprit-Saint rende moins redoutables et difficiles les chefs qui continuent de commander en maîtres.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 23 mars 2011.

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