Frères et sœurs en Christ,
Chers amis,
Dans les évangiles, le Christ appelle qui il veut, quand il veut et comment il veut. Il commence par appeler quatre personnes (Lire l’appel des quatre premiers disciples Pierre, André, Jacques et Jean, Mt 4, 18-22). A ceux-là, il enjoint d’autres, et là nous sommes devant le merveilleux récit de l’appel de Matthieu. Ce qui me charme dans ce récit, c’est ce que Matthieu dit de lui-même, quand le Christ l’appelle : « L’homme se leva et le suivit ». Ne reconnaît-il pas là une force qui le dépasse et qui l’a saisi ? Toutes proportions gardées, ne négligeons pas le précieux concours que lui-même apporte à cet appel de par sa liberté de dire oui ou de dire non ; puisque Dieu ne nous contraint pas à quoi que ce soit. Notre liberté est toujours en jeu quand il appelle. « L’homme se leva et le suivit ». Autrement dit, tout homme qu’il est, lui Matthieu, il ne regrette pas d’avoir suivi le Christ.
Le Christ est vraiment venu appeler les pécheurs et non les justes. Certains n’hésitent pas à traiter cette vocation de Matthieu de vocation-miracle ; car comment comprendre que Matthieu n’a pas craint de sacrifier les gains d’une profession tout humaine, il n’a pas craint de quitter son emploi sans avoir réglé les comptes, il n’a pas craint d’abandonner cette profession pleine de tous les dangers comme pour nous inviter à faire de même quand le Seigneur nous appelle, à abandonner nos petites douanes où nous nous sommes installées avec nos petites recettes. On ne regrette jamais lorsqu’on suit spontanément le Christ ; c’est pour cela qu’il nous dit « L’homme se leva et le suivit ». Il suit le Christ sans réflexion, sans grand calcul et lui témoigne sa digne reconnaissance pour le céleste bienfait de sa vocation, en donnant un repas dans sa maison ; il offre ainsi les biens de la terre à celui dont il attendait les biens de l’éternité.
La Vocation de Matthieu a un sens moral, un sens eschatologique et un sens littéral et même un sens théologique. Un sens moral : de l’avidité du besoin, de la lourdeur du péché, le Christ nous appelle à le suivre dans la lumière. Un sens eschatologique : les portes du salut sont ouvertes pour ceux qui disent oui au Christ. Un sens littéral : se lever et suivre le Christ, la position debout est nécessaire pour le “Chrétien en marche’’ vers le royaume et il faut suivre le Christ, lumière, chemin, vérité et vie. Un sens théologique : Dieu premier servi, Dieu à la première place.
Que l’Esprit-Saint nous aide à avoir la spontanéité de Matthieu et qu’à notre tour, nous puissions conduire d’autres à Jésus.
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU