Frères et sœurs en Christ, chers amis,
Lorsque les évangélistes commencent à parler de l’entrée de Jésus à Jérusalem, c’est que la passion du Christ est imminente et Jérusalem est cette ville qui tue les prophètes (Cf. Lc13, 34). Jésus prend volontairement la route pour Jérusalem et annonce sa passion aux disciples, pour qu’ils s’en souviennent, lorsque ça arrivera, qu’ils l’avaient prédit et qu’ils n’en soient pas déroutés. Les disciples, qui avaient souvent entendu Jésus leur parler de son royaume, pensaient que l’établissement de ce royaume aurait lieu avant sa mort et que cela était imminent, encore que Jésus venait de leur annoncer cette mort comme prochaine. Alors Jacques et Jean, fils de Zébédée, s’empressent de solliciter de lui les honneurs du royaume à eux deux : « Accorde-nous de siéger l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». De la superbe ou quoi ?
Jésus corrige alors cette conception gratuite du royaume qu’ils ont « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? » Un peu comme s’il disait « Vous oubliez les combats, les fatigues, les sacrifices et les dangers auxquels vous exposent le royaume et vous parlez déjà d’honneurs et de dignités. »
Jacques et Jean se hâtent de répondre, persuadés que leur demande va être exaucée. Mais Jésus les rassure : « La coupe que je vais boire, vous y boirez », c’est-à-dire que vous serez associés à mes souffrances, vous serez jugés digne de la gloire du martyre certes, mais la prééminence ou la préséance que vous demandez pour vous sur les autres, il n’est pas de mon ressort de vous l’accorder.
Et aux deux qui manifestent une prétention exagérée aux yeux des dix autres et à ceux-ci qui s’indignent et s’irritent contre ces désirs ambitieux des deux, Jésus rappelle que le principe de la gloire, c’est le service discret et humble « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs commandent en maîtres ; les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi »
L’essentiel, c’est donc de servir et non de commander. Le dernier, c’est certainement celui-là qui refuse de servir. Jésus est premier parce qu’il est venu pour servir et non pour être servi.
Demandons à l’Esprit-Saint la grâce de l’humilité dans le service, selon notre place et notre responsabilité dans l’Eglise et dans la société des humains.
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU