Méditation du Mercredi 19 Janvier 2011

En pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la 1ère lecture rejoint et invite tous les chrétiens à croire véritablement que Christ, grand prêtre selon l’ordre du roi Melchisédech, Roi de Paix (Salem) et de Justice, et non grand prêtre selon l’ordre d’Aaron, veut que tous ceux qui croient en lui soient unis par le lien du baptême qui a fait d’eux des prêtres, des prophètes et des rois. Si la lettre aux Hébreux s’évertue à parler du Christ comme grand-prêtre, c’est bien pour nous rappeler que nous devons être de grands fidèles de ce grand prêtre dont le sacerdoce est plus grand en dignité que celui d’Aaron parce que ce sacerdoce est selon l’ordre de Melchisédech, prêtre et roi et de plus Melchisédech était sans généalogie, donc éternel. Ses actes ont valeur et saveur d’éternité. Sa mission est de bénir, c’est-à-dire de faire du bien et de dire du bien. Il a béni Abraham du retour de son expédition. Vous comprenez alors que Jésus puisse poser la question du bien à faire et du moment convenable au bien à ces pharisiens si soucieux du bien à faire et du bien à ne pas faire surtout le jour du sabbat.

D’ailleurs, posons-nous la question de savoir s’il y a un jour qui est plus indiqué pour faire le bien ? Et s’il y avait un jour, ne serait-ce pas le jour qu’on appelle jour du sabbat ou jour du Seigneur, qui soit plus indiqué ; non pas que les autres jours ne soient pas pour le Seigneur ? Mais pour les pharisiens, c’est justement ce jour du Seigneur qu’il ne faut pas faire du bien, ce jour où le Seigneur est au milieu de son peuple et où le peuple est auprès du Seigneur qu’il ne faut faire du bien. Jésus place l’homme à la main desséchée au milieu de l’assemblée pour unir tous les membres de cette assemblée dans une seule et même conception du bien à faire. Il n’y a pas de jour spécifique pour faire le bien, tous les jours sont bons pour faire le bien ; et l’Eglise, à la suite de Jésus-Christ, ne lésine pas sur les moyens quand il faut sauver une âme.

Dans le sens mystique, cet homme à la main desséchée, c’est le genre humain, incapable de produire une bonne œuvre, mais qui est guéri par la miséricorde du Seigneur. Oui, c’est le genre humain, dont la main s’est desséchée pour avoir cueilli le fruit défendu, dans la personne de nos premiers parents Adam et Eve ; mais la grâce du Rédempteur, étendant sur l’arbre de la croix ses mains innocentes, a rendu la sève des bonnes œuvres à cette main desséchée en lui redonnant sa vigueur première. Du coup, lorsque j’hésite à donner au pauvre qui est près de moi dans le besoin d’un peu de pain, je deviens un homme à la main desséchée, qui néglige de faire le bien, qui néglige d’exercer ses mains aux œuvres de bonté, de largesse, de miséricorde. Et comme dans certaines cultures, la main et le cœur, bien qu’étant deux organes différents, sont liés, une main desséchée au sens spirituel peut entraîner un cœur desséché, un cœur sans vie ; or Jésus est venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance (Jean 10, 10b). Observons un peu le processus de guérison. Jésus ordonne « Etends la main » et l’homme à la main desséchée étend la main, sa main retrouve sa vigueur première, et cela suffit pour que les pharisiens et les partisans d’Hérode tiennent conseil contre Jésus qui a seulement dit une parole « Etends la main ». Ne peut-on plus parler le jour du sabbat ? Ne peut-on plus dire le jour du sabbat « Etends la main ».

Comme le spectacle des œuvres merveilleuses de Jésus et de sa doctrine attirent contre lui haine et persécution de la part de ceux-là même qui devaient le comprendre parce que supposés plus instruits que le petit peuple qui se laisse attiré par le bruit de ses miracles et qui vient à Jésus pour l’entendre et solliciter le secours de sa grâce.

En ce deuxième jour de prière pour l’unité des chrétiens, c’est le Seigneur qui interpelle chacune des Eglises chrétiennes de quelque dénomination que ce soit (catholiques, orthodoxes, anglicanes, protestantes, évangéliques ou autres) pour lui demander « Etends ta main et saisis la main de ton frère ou de ta sœur et marchez vers le royaume dans l’unité et la fraternité, qu’en vous voyant qu’on puisse s’exclamer “Comme ils s’aiment’’ ».

Demandons à Jésus de guérir nos mains, nos cœurs et nos intelligences desséchés, mais surtout, comme il s’agit d’étendre la main, qu’il étende sa main bienveillante et miséricordieuse sur nous et nous ouvre en abondance ses réserves de grâce dans la puissance de l’Esprit-Saint.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 19 janvier 2011.

Repères