Méditation du Mercredi 16 Mars 2011

Frères et sœurs en Christ,

Chers amis,

La pénitence efface le péché, et la sagesse évite le péché. C’est ce que nous enseignent les deux allusions historiques faites par Jésus dans l’évangile quand il évoque la mémoire de Jonas et de Salomon ou de la reine de Saba. Jonas a été envoyé à une ville païenne Ninive et est devenu, pour les habitants de cette ville, un signe de conversion, un signe de la miséricorde de Dieu. Jésus, lui, n’est pas signe de miséricorde mais la miséricorde même de Dieu pour tous les hommes. Il est donc plus que le signe de miséricorde qu’est Jonas. Il y avait là bien plus que Jonas.

Salomon était un signe de sagesse pour ses contemporains, surtout pour cette reine païenne, qui sans tenir compte de la longueur du voyage, s’est empressée de venir l’écouter pour apprendre de lui la science des êtres visibles et les propriétés des plantes, c’est-à-dire la sagesse. Jésus, lui, n’est pas un signe de sagesse mais la sagesse même de Dieu, gratuitement offerte aux juifs qui n’avaient même pas besoin de faire une distance comparable à celle parcourue par la reine de Saba pour écouter cette sagesse et éviter le péché.

En face de la sagesse et de la miséricorde, les juifs demandent un signe, preuve qu’ils n’ont pas su profiter des œuvres, prodiges et enseignements de Jésus pour se convertir et s’ouvrir aux grâces divines, et ils sont restés insensibles et incroyants. Jésus pouvait attendre beaucoup de ces juifs qui constituaient le terreau de sa mission, mais il est déçu, il rencontre des incroyants : « Cette génération est une génération mauvaise ». Il devra persévérer jusqu’à l’heure des païens qui sonnera véritablement quand il descendra aux enfers et ressuscitera le troisième jour, un peu comme Jonas qui sort du ventre de la baleine après trois jours et trois nuits. Et du coup, ce ne sera plus une reine de Saba qui se lèvera des extrémités de la terre pour venir écouter un sage de Dieu, mais la sagesse même qui ira aux extrémités de la terre, en empruntant le canal de l’Eglise pour mettre de l’amour là où il y en manque, le pardon là où il y a l’offense, l’union là où il y a la division, la foi là où il y a le doute, la vérité là où il y a l’erreur et le mensonge, la joie là où il y a la tristesse, l’espérance là où il y a l’angoisse et le désespoir. Noble mission pour être une très bonne génération de croyants !

Que l’Esprit-Saint fasse de chacun de nous de véritables messagers de la parole de Dieu et de véritables témoins de sa sagesse en ce temps de carême et par delà le temps de carême.

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 16 mars 2011.

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