
L’évangile nous présente aujourd’hui Jean Baptiste habité par une inquiétude majeure : Jésus est-il vraiment le Libérateur annoncé par les prophètes, celui dont il est lui-même le précurseur ? Jésus lui donne réponse en lui revoyant ses disciples pour qu’ils rendent témoignage de ce qu’ils ont vu. Le monde attend le témoignage des chrétiens pour reconnaître dans le Christ le Libérateur annoncé. Ne peuvent rendre témoignage au Christ que ceux qui ont fait son expérience, ceux qui ont reçu de lui, ceux qui se sont laissés toucher par la Bonne Nouvelle. Chaque chrétien a immensément reçu de l’amour miséricordieux de Dieu. Ce que le Christ attend de nous, c’est de porter ce feu d’amour reçu au cœur du monde, alors seulement le monde sera libéré de la servitude du mal et du péché. Notre témoignage est une noble et précieuse participation à la mission rédemptrice de Jésus.
La réponse de Jésus à Jean Baptiste dans cet évangile s’achève par une béatitude inattendue : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi » (Lc 7, 23). Luc dit précisément : “celui qui ne se scandalise pas (qui n’achoppe pas) à cause de moi”. On pourrait monnayer ce verset en disant : Heureux ceux qui ne doutent pas du salut du Christ après avoir vu les fruits de l’évangélisation. Heureux ceux qui ne disent pas : ce chemin est trop lent, c’est beau en paroles, mais le mal est le plus fort… L’Évangile démontre sa richesse en faisant vivre les personnes, en rendant l’espérance à ceux qui ont fait l’expérience de la faiblesse et du péché. Peu importe si le monde semble continuer à céder aux forces du mal. La présence de personnes libérées force les autres à choisir entre le bien et le mal ; et c’est cela qui fait mûrir le monde.
Cette béatitude est aussi un appel à la joie. La prison où Jean se trouvait est le signe même que le mal est présent au monde, mais les guérisons et l’annonce de la Bonne Nouvelle sont le signe que le bien progresse peut-être pas vite mais bien surement ; ce qui doit être un véritable motif de joie. Le témoignage de Jean et le ministère de Jésus nous rappellent que le Chrétien doit s’attendre à l’opposition, au refus du monde et même à la mort. La libération que Jésus nous apporte n’est pas exempte de souffrance. Nous ne devons cependant pas avoir peur. Celui qui est tout au Christ reçoit toujours de lui, dans l’Esprit, la force de persévérer et la joie de goûter au bonheur de voir le monde libéré.