Chers frères et sœurs en Christ, bonjour
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Cette phrase exprime fort bien le doute du précurseur sur la personne du Messie que lui-même a révélé à ses disciples et à tout le peuple ; celui que lui-même a désigné comme étant l’Agneau de Dieu. Mais condamner Jean-Baptiste pour cette cause c’est ignorer à la fois l’Ecriture et les circonstances dans lesquelles Jean se trouvait quand il a envoyé ses disciples demander à Jésus s’il était vraiment le Messie attendu par le peuple. En effet selon le peuple juif et selon leur compréhension de l’Ecriture, le Messie viendra comme un chef d’armée, comme les rois terrestres, rendre Justice, il détruira le règne des injustes, des oppresseurs. Il écrasera l’ennemi et libèrera le peuple Dieu. Ils avaient une vue trop humaine de la mission du Messie. Et Jean qui a annoncé avec certitude que Jésus est le Messie n’a pas échappé à cette réalité. De sa prison, il entendait tout ce que faisait Jésus : Il accueillait les pécheurs, il mangeait avec eux, au lieu d’écraser les pécheurs, il prônait la non violence. Il n’a même pas songé aller rendre visite à lui, Jean, qui a été injustement emprisonné par Hérode. Tous ces événements ont contribué au doute que Jean-Baptiste a commencé par nourrir à son sujet. Mais à cette question, Jésus a essayé de donner une réponse qui, sans aucun doute, révèle de façon éminente qu’il est vraiment celui qu’ils attendaient. Il s’est servi du passage d’Isaïe (Is35,5-6 ou Is 61, 1-2) qui parle du Messie. « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : Les aveugle voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. ». Effectivement ce passage montre clairement que Jésus est le messie parce que par ses œuvres il a accompli cette prophétie, même si sa manière d’accomplir sa mission contraste indéniablement avec la compréhension et l’attente des juifs.
Remarquons, mes chers amis, que ce doute exprimé par le précurseur, nous aussi dans biens des cas, surtout dans nos moments difficiles, nous en faisons l’expérience. Les difficultés, les contrariétés et les souffrances nous amènent à douter de Dieu. Or Dieu ne nous abandonne jamais Il vient toujours à notre secours quand nous crions avec foi vers lui. Et c’est en lui que nous avons notre refuge ; voilà pourquoi il est sans cesse à nos trousses pour nous ramener à Lui, quand nous nous fourvoyons sur les terrains de l’occultisme ou de l’idolâtrie à cause de notre manque de foi. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous confirme qu’il est celui qui est venu nous sauver, nous libérer de nos souffrances ; il nous invite à bannir de notre vie le doute sur sa personne, car il veille sur nous. Restons alors, chers frères et sœurs, fermes dans la foi .
Père René AGAINGLO