Méditation du Mercredi 14 Décembre 2011

Dieu est à l’œuvre, et à l’œuvre, on connaît l’artisan, dit-on.
Frères et sœurs en Christ, chers amis,
Jean le Baptiste n’a pas reconnu le Messie à ses œuvres, à raison, parce qu’il est en prison. C’est donc du fonds de sa prison, qu’il s’interroge ; chose normale, il n’a plus les informations, il n’a plus la lumière sur l’actualité, il est un peu comme dans les ténèbres et veut comprendre si Jésus est Celui qu’on attend : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ».
Question étrange et tragique qui pourrait pousser à se demander si elle est réellement de Jean le Précurseur ? Cette question n’est-elle pas expressive de la lassitude de tout un peuple à attendre le Messie, un Messie politique ? Cette question n’est-elle pas aussi expressive de cette urgence et cette impatience qu’on a de voir le Messie à l’œuvre ? Et pourtant, il était à l’œuvre : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres », six actions du Messie que saint Luc énumère certainement en conformité avec les six jours de la création, comme pour nous, « Jésus re-crée le monde ». Le bonheur est retrouvé. La joie de revivre aussi est donnée. Ce qui me réjouit dans cette question de Jean, c’est qu’il pense moins à lui-même et à sa condition de prisonnier et il se préoccupe de tout le peuple. C’est justement pour cela que Jésus ne lui fera pas de reproche : « homme de peu de foi », il l’invitera plutôt à ouvrir les yeux pour voir les merveilles et signes de Dieu et à les interpréter. Il s’agit de réalités très humaines, très concrètes, très physiques : les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés. Le spirituel se vit dans le temporel ! Le programme du Sauveur est aussi social. L’âme est touchée dans les corps ! Le doute chrétien a ceci de spécifique qu’on ne s’abstient pas lorsqu’il survient, mais on s’engage à le surmonter. Le doute chrétien n’est donc pas un doute passif, mais un doute actif.
Cette question de Jean-Baptiste est moins un doute qu’un questionnement de foi pour avancer et s’engager. La preuve, il ne pose pas la question par rapport à sa situation de prisonnier, mais par rapport à l’attente ardente du peuple d’un Messie et il s’engage à envoyer des émissaires auprès de Jésus et obtient satisfaction. Jésus est Celui que nous attendons, plus de doute. Le ciel visite la terre et l’abreuve vraiment en Jésus le Consolateur, l’Unique Sauveur du genre humain. Il n’y a pas à attendre un autre Sauveur en dehors de lui. Jésus donne au prophète Jean-Baptiste la réponse du prophète Isaïe.
Dans les persécutions, les échecs ou incompréhensions de tout genre, ne perdons pas du temps à douter de l’existence de Dieu ou à rendre Dieu responsable de nos malheurs, mais engageons-nous à questionner Jésus et à obtenir de lui, des réponses favorables. Jean nous a donné l’exemple.

Croyants dans un monde qui cherche, chrétiens dans une société pluraliste, il nous appartient de répondre sans détour à la question de Jean. Oui, Jésus est celui qui devait venir. Non, il ne faut pas chercher ailleurs ou en attendre un autre. Nous n’attendons plus de Messie. Jésus est ce Messie - ce Christ - qui dépasse toutes nos espérances. Jésus est Celui que j’attends, le Tout Proche qui m’ouvrira les yeux, les mains et le cœur, qui me fera marcher, qui me purifiera, me fera revivre et me fera entendre la Bonne Nouvelle de Dieu et me fera marcher au rythme divin sans découragement.
Qu’il en soit ainsi pour tous et chacun. Amen
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 14 décembre 2011.

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