« Tout le monde te cherche » Mc 1, 37b
Frères et sœurs en Christ, chers amis,
Jésus est la perle rare et très précieuse du Royaume que tout le monde cherche. Il faut en effet le chercher. Et quand on l’a trouvé, le chercher encore et le chercher toujours. Tout le monde te cherche. Abraham l’a cherché « Abraham, votre père, s’est réjoui à la pensée de voir mon jour ; il l’a vu et en a été heureux (Jn8, 56) ». Les patriarches, les sages, les prophètes l’ont cherché. Les bergers. Les rois-mages. Hérode aussi. Jean-Baptiste l’a cherché et trouvé. Les apôtres et leurs contemporains aussi. Les martyrs. Les confesseurs. Les vierges. Les saints. Les béninois depuis plus de 150ans aussi le cherchent. Tout le monde sait pourquoi il cherche Jésus. Mais tout le monde ne sait pas où chercher Jésus, ni comment le chercher. Tout le monde cherche Jésus, parce qu’il est l’unique grand prêtre miséricordieux et fidèle, capable d’enlever les péchés du monde (1ère lecture), ce grand prêtre tourné vers les autres et tourné vers Dieu son Père, ce grand-prêtre abîmé dans la prière le lendemain matin, bien avant l’aube, puisque Marc nous dit dans l’évangile que « Le lendemain matin, bien avant l’aube, Jésus se leva, sortit dans un endroit désert, et là il priait ». L’intensité, avec laquelle il a rendu service à la multitude la veille, n’a pas été, pour lui Jésus, un prétexte pour qu’il n’entre pas en relation à l’aube avec son Père, car il sait avec grande pertinence que tout vient du Père et tout doit retourner au Père et que le service des autres ne doit pas occulter la relation filiale à entretenir avec Dieu dans la prière, moment d’intense recharge d’énergie pour le service des autres. Le service des autres et la prière vont de pair pour une évangélisation réussie. Jésus est grand prêtre, non comme Anne et Caïphe qui ont offert un pot-de-vin aux Romains, pour le devenir. Tout le monde cherche Jésus le miséricordieux capable de guérir, de sauver tous ceux qui étaient perdus. Finalement tout le monde cherche (plus ou moins consciemment) Dieu.
Où chercher Jésus ? Le chercher dans le service des autres, comme cette belle-mère de Simon qui après avoir obtenu la guérison se met aussitôt à servir ; et aussi chercher Jésus dans la prière. Pourquoi le chercher ? Parce qu’il est capable de nous tourner vers les autres et aussi vers Dieu, notre Père. Tout le monde cherche le grand-prêtre qui rend l’innocence, la confiance et l’espoir. La fièvre de la belle-mère de Simon, c’est chacune de nos fièvres, nos intempérances, nos irritations, nos magouilles électorales, c’est-à-dire tous les péchés qui nous empêchent d’être serviables. Que l’Esprit-Saint nous aide à savoir toujours trouver et conserver, au cœur de nos activités ou de nos repos, le temps de dialogue permanent avec Dieu pour être plus proche de la multitude haletante qui cherche Jésus sans grande conviction peut-être. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus avait cette vive conscience que c’est Jésus lui-même qui vient nous aider à le chercher en mettant en nos cœurs le désir de le chercher et de nous attacher à lui « C’est Toi qui vient m’aider à te chercher. C’est à Toi seul, Jésus que je m’attache » disait-elle. Nous pouvons aussi faire nôtre cette prière du cœur de Saint Augustin :
« Seigneur autant que j’ai pu. Autant que Tu m’en as donné la force. Je T’ai cherché. Et j’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois. Et j’ai beaucoup discuté. Et j’ai peiné.
Seigneur, mon Dieu, Mon unique espérance, exauce-moi. Ne permets pas que je me lasse de Te chercher. Mais mets-moi au cœur un désir plus ardent de Te chercher.
Me voici devant Toi, avec ma force et ma faiblesse. Soutiens l’une, guéris l’autre. Devant Toi est ma science, Et mon ignorance. Que je me souvienne de Toi. Que je Te comprenne. Que je T’aime. » (Prière de Saint Augustin, De Trinitate XV, conclusion, P.L. 42, 1098)
Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU