32ème semaine du temps ordinaire ‘’C’’
Réf. : Tt 2, 1-8.11-14 ; Ps 36 ; Lc 17, 7-10.
« Un peuple ardent à faire le bien »
Bien aimés du Seigneur !
Le vent de la modernisation qui effleure la pensée contemporaine emporte dans ses flots les pans entiers de l’identité réelle de l’homme doué de raison d’intelligence. Et dans la kyrielle des idées qui se constellent autour de la conception actuelle du monde, l’étau se serre davantage autour de la morale et de la foi perçues autrefois comme vecteurs et repères indéniables de la civilisation humaine. Alors, une question motivée par le constat de l’état actuel de notre monde hante la pensée de tout homme avide de retrouver la quiétude et la sérénité du temps où la raison et la foi constituaient les amarres de la barque de l’histoire. Ce temps semble révolu et alors, voici la question : Où va le monde et quel sort est-il réservé à cette civilisation où la dépravation et la crise de l’identité prennent le pas sur la morale ? en effet, depuis que l’homme est créé et qu’il lui est échu d’être maître et possesseur de la nature, sa condition s’est vue entachée d’une blessure presque jamais cicatrisée, celle du péché ou du mal moral que Paul RICŒUR désigne en langage religieux comme ce qui fait de l’action humaine, un objet d’imputation, d’accusation et de blâme. Ce mal s’est infiltré comme l’eau à travers un siphon dans toutes les réalités de notre nature humaine.
C’est raisonnablement pour cela que St Paul, à une période de son ministère apostolique adresse à son fils spirituel Tite, une exhortation empreinte de paroles qui incitent à faire le bien dans tous, à garder la foi, à pratiquer la charité à être persévérant dans les combats de la vie pour se rendre agréable à Dieu. Toutes les catégories d’âge et toutes les trempes sociales doivent se voir ici concernées par ce que Paul nous dit en ce jour. De fait l’anthropologie de notre société actuelle soufre cruellement de ce déficit de bonnes mœurs au point où l’occidentalisation et l’américanisation des mœurs frappe de plein fouet notre jeunesse africaine et plus particulièrement celle béninoise en passe de chavirer. Certes, il y a plus de peur que de mal, mais si nous ne prenons pas garde à tous les niveaux de la vie sociale, la déconfiture pourrait nous caractériser. A Dieu ne plaise !
C’est pourquoi, nous devons prier Dieu de nous aider à redécouvrir les vraies valeurs et les observer afin que l’adversaire ne trouve aucune critique à nous faire. C’est à juste titre que le Pape Jean-Paul II de bienheureuse mémoire, disait que notre monde a plus besoin de bon exemple que de maître. Et pour redore le blason de notre monde actuel et en sauver la face, il nous faudra repartir de nouveau en comptant sur la grâce de Dieu qui s’est manifestée pour le salut des hommes car, « c’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux et pour attendre le bonheur que nous espérons… ». C’est pourquoi notre ardeur au bien dans la fidélité à notre vocation première : la sainteté.
Bien à faire n’est pas à inscrire au compte d’une performance en vue d’un mérite d’honneur quelconque mais à le placer dans le champ du serviteur inutile qui n’aura fait que son devoir. Nous le savons tous, nous aimons que notre action soit reconnue et clamée pour que notre prestige social puisse croître. Jésus renverse aujourd’hui cette tendance en montrant que nous ne sommes que de simples ouvriers devant participer à l’œuvre de la perfection de l’humanité : « de même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a demandé, dites vous : ‘’nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir ». Il en est ainsi du moment que le Seigneur nous met en garde dans la parabole du pharisien et du publicain montés au temple pour prier : qui s’abaisse sera élevé et qui s’élève sera abaissé.
Seigneur notre Dieu, fais de nous des hommes qui vivent dans la foi. Développe ce que tu as semé en nous au jour de notre baptême, pour que nous mettions toutes nos forces à te servir, sans attendre de récompense. Nous te le demandons par ton Fils qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ! AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON