A notre Dieu, reportez la grandeur. Cette strophe du cantique (Dt 32) résume parfaitement à notre sens le message de ce jour. Tout (nous) vient de Dieu et tout doit lui être ramené, soumis. La première lecture pourrait bien s’intituler « Le passage du témoin », et ce qui est très instructif dans cet acte de tradition de l’autorité de Moïse à Josué, c’est qu’il est posé essentiellement comme conformation à la volonté divine (v.2). C’est un acte en lequel Moïse qui a fait un long discours exhortant le peuple à ne s’écarter ni à droite ni à gauche de la volonté du Seigneur donne solennellement le témoignage de sa propre soumission. Ce faisant, Moïse en dépit de la réprobation dont il semble l’objet de la part du Seigneur, devient un exemple aussi bien pour Josué que pour tout Israël. Pour Josué, il est l’exemple du leader qui puise son assurance et sa force dans l’observance de la volonté du Seigneur ; pour peuple, il est la figure du serviteur et de l’ami du Seigneur.
L’Evangile semble aller dans le même sens. Admirons un moment la sage pédagogie de Jésus qui donne un enfant en exemple, alors qu’il aurait pu directement se donner lui-même comme exemple, puisqu’il est l’Enfant, Ie Fils. Il s’agit à travers tous ces textes d’une invitation pour l’homme à tout reporter, à se reporter lui-même à Dieu et à se recevoir de Dieu en toute circonstance. La question de savoir qui est le plus grand traduit certes une curiosité toute humaine, mais cache peut-être aussi tout en la dévoilant en même temps une volonté de puissance, un désir d’auto-affirmation de l’homme.
Père H. WHANNOU de DRAVO