Méditation du Mardi 8 Février 2011

La liturgie de ce jour tourne nos regards vers la beauté de la création qu’elle nous demande de contempler. Ce geste que le Divin créateur lui-même a fait durant tout le processus de création se voit dans le texte de la première lecture où chaque fois sa satisfaction devant sa création se manifeste par l’expression : ‘’ Et Dieu vit que cela était bon’’. Cette expression est portée au superlatif lorsqu’il s’agit de la création de l’homme : ‘’ Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, c’était très bon’’. Oui, comme l’artiste qui se réjouit en voyant son œuvre, comme le père qui trouve sa joie en son fils, Dieu trouve du plaisir dans la beauté et le bonheur de l’homme.

Cette joie de Dieu est grande en ce sens que l’homme n’est pas seulement un élément quelconque de la création, mais le but, le centre, le maitre de cette création à lui confiée par Dieu. L’homme est donc fait co-créateur par Dieu, qui lui donne ainsi mission de poursuivre son œuvre. Tache délicate et grave qui fait à l’homme le devoir de respecter la création et de la porter à son achèvement. Tache délicate et grave à laquelle l’homme a failli, d’où la réalité du péché qui instaure un désaccord au sein de la création elle-même et dans sa relation avec Dieu. Le péché entraine un désordre dans l’âme que la loi essaie de prévenir ou de corriger.

Le Christ dans l’évangile, dénonce un mauvais usage de la loi qui entraine au péché et défigure la beauté de la création. Toute loi est faite dans le but de diriger et de confirmer l’homme dans le Bien. Et pour cela, elle doit opérer une symbiose entre le visible et l’invisible, entre le for interne et celui externe, entre les actes et la parole, entre ce qui est et ce qui doit être. Or la loi a quelque chose de contraignant et le comportement humain en face de la loi a toujours été soit une fuite en avant pour vite obéir à la loi afin de s’en débarrasser, ou alors à chercher des moyens pour ne pas obéir. Les juifs se tiennent à une observance extérieure de la loi mais sans aucune charité et aucun respect de la dignité de l’homme.

Nous sommes appelés dans la droite ligne de l’enseignement du dimanche dernier, à rendre témoignage à la bonté du Créateur lorsque nous voyons sa création. Rendre témoignage à la bonté du créateur, c’est respecter la création telle qu’elle est créée, respecter et promouvoir en elle la marque divine et la finalité pour laquelle Dieu l’a créée. L’homme est appelé en tant que créature à se respecter, à respecter et faire respecter la création à lui confiée. Pour cela, il doit accepter que sa grandeur, son pouvoir sur la création est un pouvoir reçu et non inné. L’homme de notre temps a trop tendance à se croire le ‘’ dieu’’ de son univers. Toutes les avancées à tous les niveaux de la vie aujourd’hui gonflent l’égo de l’homme et semblent lui faire oublier que lui-même est créature de Dieu. Il est urgent en notre temps de redécouvrir la beauté de la création, non comme le ferait un maquisard en terrain conquis, mais comme un homme qui entre dans un sanctuaire. Redécouvrons la beauté de la création et par elle la beauté du Créateur, le beau visage de l’homme qui est mort pour sauver tous les hommes : Jésus Le Christ le rédempteur de l’homme.

Père Elzéar ADOUNKPE, Aumônerie du Collège Notre Dame de Porto-Novo

Publié le 8 février 2011.

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