Il nous est donné aujourd’hui d’entendre à nouveau le début de cette longue intercession en faveur de ses disciples (l’Eglise) qu’est la prière dite « sacerdotale » de Jésus. C’est une prière qui rayonne, qui se déploie en cercles successifs de plus en plus larges en lesquels Jésus englobe dans son œuvre de salut dont il confie la continuation à l’Eglise, les croyants de tous les lieux et de tous les temps.
Jésus est près d’achever son œuvre terrestre, œuvre à lui confiée par son Père. Il remet tout par avance entre les mains de son Père : il se remet lui-même au Père, et ses disciples avec. Il peut le faire en toute confiance parce que tout ce qui est à lui, il l’a reçu du Père (vv. 6-7 ; cf. 6, 37.44), parce qu’il connaît le Père, qu’il partage son intimité : qu’il est dans le Père et le Père est en lui (14,10-11a). C’est dans cette même intimité qu’il a introduit les disciples, encore qu’en ce qui les concerne un approfondissement ultérieur de la relation doive advenir (16,13-15). Mais le fait est qu’ils y sont désormais, dans l’intimité du Père, étant dans l’intimité du Fils (17, 6-8).
Le défi alors sera que les disciples demeurent et croissent effectivement dans cette intimité, maintenant que Jésus quitte le monde.
Ce que j’admire personnellement par-dessus tout dans cette prière c’est la foi de Jésus en son Père. A mon humble avis, la conviction fondamentale de cette prière de Jésus, la voici : « Mon Père, quant à ce qu’il m’a donné, est plus grand que tous. Nul ne peut rien arracher de la main du Père » (10, 29). Fort de cela, Jésus confie ses disciples à son Père.
Plus tard, Saint Paul introduit dans les profondeurs de l’intimité de Dieu ne dira pas autre chose : Qui nous séparera de l’amour de Dieu… ? Personne, sinon nous-mêmes ; car nous avons notre part de responsabilité : garder les paroles que Jésus nous a données. Ceci est possible, si comme Jean, Paul et beaucoup d’autres, nous nous rendons dociles à l’Esprit. Cet Esprit nulle part nommé dans cette prière et présent pourtant – dans les visages du Père et du Fils.
Veni, Sancte Spiritus !
[…] O lux beatissima,
Reple cordis intima
Tuorum fidelium.
Abbé Hippolyte WHANNOU de DRAVO