Mardi de la 2ème semaine du temps de l’Avent B.
Réf. : Is. 40, 1-11 ; Ps 95 ; Mt 18, 12-14.
« … Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits ne soit perdu ».
Bien aimés du Seigneur.
Le temps de l’Avent fait son chemin dans nos cœurs et la pointe de son évolution culminera dans cette nuit où l’Astre inextinguible fera briller dans les ténèbres des peuples qui gisent dans l’obscurité, une grande lumière. Ce sera le temps de la jubilation et de l’allégresse, car Dieu fera paraître un ciel nouveau et une terre nouvelle où ne résidera que la justice. Oui, de justice parlons encore en ces jours à la faveur de la visite apostolique du Pape Benoît XVI. Fort heureusement, la liturgie de ce jour évoque la manifestation de cette justice sous l’angle de la consolation. Lorsque viendra le Messie, le Seigneur, tel un Berger en quête de ses brebis, il rassemblera son peuple et le consolera « consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu’elle a reçu du Seigneur double punition pour toutes ses fautes ». Ce passage isaïen traduit l’attitude d’un Dieu qui veut manifester sa sollicitude envers son peuple malgré ses péchés. Isaïe annonce ainsi en faveur d’Israël une consolation prévenante. Il ne s’agit pas seulement d’un simple réconfort spirituel, car l’objet de cette annonce est réellement la libération d’une population exilée en Babylonie sous le roi Nabuchodonosor qui était un conquérant païen. Cette bonne nouvelle est surtout celle de la venue de Dieu, puissant comme un guerrier, tendre comme un pasteur : « voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux ». Dieu est déjà venu et il vient encore.
Ce temps qui oriente nos regards vers les chemins de l’espérance et incite nos cœurs à une conversion réelle, changera franchement l’écho de notre monde en détresse en une mélodie de convivialité partagée pour peu que chaque chrétien et tout homme de bonne volonté inscrive sa conscience dans la dynamique du renouveau concret axé sur la solidarité mondiale qui s’inscrit dans la vision béatifique du Dieu qui vient nous consoler. C’est dans ce sens que le Pape Benoît XVI dans sa nouvelle Exhortation Apostolique Post-Synodale, AFRICAE MUNUS, se fait la voix autorisée de l’Eglise pour souhaiter que « la mondialisation de la solidarité aille jusqu’à inscrire dans les relations marchandes, le principe de gratuité et la logique du don, comme expression de la fraternité, évitant la tentation de la pensée unique sur la vie, la culture, la politique, l’économie, au profit du respect éthique et constant des diverses réalités humaines pour une solidarité effective » (N° 86). C’est de la justice et de l’amour que notre monde a le plus besoin dans le concert de la mondialisation. Raison fondamentale pour laquelle Dieu vient visiter son peuple et rassembler ses brebis autour de l’unique principe du salut.
L’homme a du prix aux yeux de Dieu et c’est pourquoi la métaphore de la brebis dont use le Christ dans l’Evangile de ce jour, trouve toute sa valeur quand le bon pasteur laisse les quatre vingt- dix- neuf autres dans la montagne pour aller à la recherche de l’unique brebis perdue. Autrement dit, Dieu vient à notre rencontre non parce que nous sommes obnubilés par sa présence au milieu de nous, mais il vient épouser notre condition pour nous élever à sa dignité divine. C’est un signal fort que rien n’est perdu pour Dieu. Il ne veut pas de notre perte, mais œuvre constamment pour notre salut. Irénée de Lyon le dit admirablement en ces termes : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vision de Dieu, c’est l’homme debout ».
Que le Seigneur nous donne la grâce de la reconnaissance pour que nos cœurs se tournent davantage vers lui qui est l’unique pasteur de son peuple. AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON