Méditation du Mardi 3 Novembre 2009

L’Evangile de ce jour, même lu à la volée, ne manque pas de nous surprendre et de nous remplir de consolation : quel contraste ! Voilà des invités qui, au moment d’honorer de leur présence le banquet à eux destiné, commencent « à s’excuser de la même façon ». Et il faut constater qu’ils excusent pour les motifs personnels. Tous les invités emploient disent « Je » : signe caractéristique d’un égoïsme / égocentrisme qui exclut les autres au profit de soi. De plus les raisons évoquées sont économiques et matrimoniales : l’argent et la femme, ou pour faire court, les biens de ce monde.
L’Evangile veut montrer que les biens de ce monde enferment dans un exclusivisme qui nous coupe de nous-mêmes et des autres. De façon plus dramatique, et bouleversante, ils peuvent nous amener à les préférer à Dieu et à son Royaume, et donc à négocier la réponse spontanée que nous devions donner à l’invitation de Dieu, le Bien Suprême.
Le comportement des invités permet toutefois de découvrir la pointe de l’Evangile : le fond du cœur de Dieu qui appelle tous les hommes sans condition à son banquet et la qualité requise pour répondre effectivement à cet appel. Dieu appelle à la fête. Il appelle tous les hommes à un festin. Il ne tient qu’à nous de répondre positivement ou négativement. Les premiers n’ont pas répondu positivement. Motif : ils sont accaparés par les biens de ce monde. Le second groupe a répondu promptement : c’est le groupe des pauvres. Il ne faut pas d’abord voir ici le pauvre comme celui qui n’a rien. Le texte ne veut pas insister sur les déformations physiques. Le pauvre est celui qui n’est attaché à rien, qui n’a rien de si urgent à tester (champs, bœufs, femmes) pour se dérober aux appels de Dieu. Le pauvre, c’est celui qui a mis Dieu au-dessus de tout : il met sa confiance en Dieu et Dieu devient sa providence, ce Dieu qui « renvoie les riches les mains vides et comble de biens les affamés ».
La leçon à retenir pour notre vie spirituelle en ce jour est de nous vider de tout ce qui pourrait nous amener à négocier la réponse que nous devons donner à Dieu qui nous appelle constamment et nous éloigner de lui. Que nous soyons vides de nos richesses ici-bas afin que le Seigneur nous remplisse des biens éternels, ceux qui passent le temps pour demeurer dans l’éternité.

Abbé Jean OUSSOUKITCHO

Publié le 3 novembre 2009.

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