Méditation du Mardi 29 Mars 2011

Chers amis bonjour

Le temps de carême poursuit lentement mais surement son cours et nous voici déjà au mardi de la troisième semaine. Nous devrions chacun avoir fait un bilan à mis parcours pour savoir si nous avons avancé dans le jeûne, la prière et l’aumône. Je voudrais insister sur le fait que l’obligation de jeûner, de prier ou de partager doit être réelle même si l’Eglise dans sa sagesse laisse à chacun la libre décision en la matière. Il faut jeûner, il faut prier, il faut partager. Cela n’ajoute rien à Dieu mais nous permet de nous rapprocher de lui et d’entrer dans le bonheur. Et les textes de ce jour nous donnent un autre impératif : il faut pardonner.
Le discours sur le pardon à donner jusqu’à soixante dix fois sept fois, est connu de tous mais si nous voulons être sérieux et sincères, nous reconnaitrons que nous écoutons ce texte avec une autre conviction forte dans notre cœur. Nous pensons que c’est au dessus de nos forces de faire ce que Jésus demande. La joie de rendre la pareille, la satisfaction de voir l’autre souffrir aussi, sinon le soulagement de voir qu’il a au moins reconnu son tort sont des signes évidents qui montrent à quel point c’est difficile de pardonner tout le temps. Quelqu’un a dit en parlant d’autre chose : une fois ça passe, deux fois, ça lasse, trois fois ça casse. Hé oui ! Personne n’est bête et pardonner tout le temps peut pousser la personne pardonnée à ne plus se prendre au sérieux mais chose pire, à prendre celui qui pardonne comme bête. Mais le Seigneur lui n’est pas bête quand il nous dit de pardonner.
Une chose est vraie : ce n’est pas facile de pardonner, de pardonner toujours. Mais quand on prend vraiment conscience que soi même, on est un grand pécheur pardonné que Dieu continue de pardonner, on se rend à l’évidence que l’on doit pardonner. Mais il y a mieux. Le pardon est un chemin de guérison intérieure et de libération du mal. La réalité du mal dans le monde est souvent un scandale pour l’homme au cœur simple. L’ecclésiaste a dit : le cœur de l’homme est compliqué et malade. Le monde tel qu’il est fait contient en lui ce que le Pape Jean Paul II a appelé des structures de péchés. Ces systèmes de péchés, œuvres d’homme, entrainent tout dans leur engrenage. Ainsi donc, l’homme victime du mal inconnu ou non reconnu est bloqué dans sa colère et son désir légitime de réparation qui d’ailleurs n’est pas reconnu. Il y a des situations d’injustice insoupçonnable, inimaginable dans le monde mais aussi dans des lieux insoupçonnés. Le mal existe et sa réalité est ahurissante quand il s’affuble d’innocence et de vertu. L’homme qui à cause de l’injustice qu’il a subie est dans l’incapacité totale de pardonner doit se rappeler que Satan est un acteur du mal et qu’il utilise la haine et les sentiments négatifs pour nuire. Vivre dans la haine, le ressentiment ou l’esprit de vengeance, c’est être sans le vouloir vecteur du mal et agent involontaire de Satan. Et comme celui qui ne dit rien consent, on fait beaucoup de choses en son nom. C’est la même chose que le diable nous fait faire et sans le vouloir nous devenons des vecteurs du mal parce qu’on nous a injustement fait du mal. La chaine du mal et du péché est tissée surtout de personnes inconscientes du mal que le Diable leur fait faire. La chaine se romprait si l’un des maillons prenait conscience et refusait de jouer le rôle. Ainsi donc refuser de haïr parce que l’on a été haï est source de libération. Il faut se libérer de la spirale de haine dans laquelle l’offenseur nous mis en refusant de faire la même chose que lui. C’est pourquoi pardonner est libérateur. Si on ne peut pardonner parce que l’on est trop choqué, il faut au moins pardonner pour continuer à vivre, parce que vivre, c’est être libre de tout sentiment négatif, vivre, c’est vivre d’amour.
Chers frères et sœurs, nous ne pouvons empêcher personne de nous faire du mal, et il y a des injustices irréparables. Nous pouvons au moins éviter de donner aux gens l’occasion de nous faire le mal. Deux prières me viennent à l’esprit et elles sont tirées du bréviaire, le livre de prière des prêtres : la première est celle-ci : ‘’ Que Dieu rendent vigilants ceux qui chantent le Seigneur, qu’ils ne soient en même temps les complices du malheur, où leurs frères sont tenus. Et voici la seconde : Seigneur tu nous demande de pardonner à nos ennemis, change leur cœur et le nôtre.
Oui Seigneur délivre nous de tout mal en cette vie où nous attendons le bonheur que tu promets et l’avènement de Jésus notre Sauveur. Apprends-nous à pardonner .Amen

Père S. Elzéar Spire ADOUNKPE
Aimer, Servir, Obéir, Vivre et faire vivre.

Publié le 29 mars 2011.

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