Méditation du Mardi 27 Avril 2010

Réf. : Ac 11, 19-26 ; Ps 86 ; Jn 10, 22-30.
« Les œuvres que je fais au nom de mon Père,
voilà ce qui me rend témoignage » (Jn 10, 25).
Bien aimés du Seigneur,
La religieuse habitude de Jésus de visiter régulièrement le temple de Jérusalem en bon juif est souvent la cause de multiples questionnements sur son origine et sa mission d’envoyé de Dieu. Et comme s’il s’apparentait à un personnage étrange et extraordinaire en raison de l’opération de ses miracles et de ses déclarations publiques, ses contemporains juifs veulent couper court à leurs multiples inquiétudes et questionnements sur l’identité de l’envoyé de Dieu, Jésus-Christ. Certes, les juifs attendent le Messie. Mais l’idée qu’ils ont de ce Messie n’est pas assurément conforme à ce qu’ils voient en Jésus désormais au milieu d’eux dans le temple de Jérusalem. D’où leur ‘’légitime question’’ : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ! » (Jn 10, 24).Rappelons-nous cette prophétie d’Isaïe : « …A son sujet, des foules de nations vont être émerveillées, des rois vont rester bouche close, car ils voient ce qui ne leur avait pas été raconté, et ils observent ce qu’ils n’avaient pas entendu dire » ( Is 52, 15). Jean Baptiste aussi en recevant l’écho des miracles que Jésus opérait, envoya deux de ses disciples lui demander : « Es-tu celui qui vient ou devons nous en attendre un autre ? » Et voici la réponse de Jésus : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres… » (Lc 7, 22).
Rien qu’à ce titre, la réponse de Jésus à ses interlocuteurs se fait pesante dans la balance : « Les œuvres que je fais au nom de Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous ne me croyez pas parce que vous n’êtes pas mes brebis » (Jn 10, 25-26). Ainsi, l’enjeu de ce dialogue qui paraît être un dialogue de sourd mais plein de révélation et de signification pour notre vie de chrétiens aujourd’hui, trouve toute sa note singulière dans le fait de croire à ce que Dieu fait par son Fils sous la mouvance de l’Esprit Saint. Car adhérer à la vérité de la présence agissante du Dieu UN en Trois Personnes fait estomper toute inquiétude et tout questionnement qui relèvent du doute. Et d’ailleurs, le Père et le Fils forment une unité de vie avec l’Esprit Saint qui met à découvert leurs œuvres. Ainsi, Jésus a déjoué l’attention de ses contemporains en leur montrant le visage d’un Messie Doux et Humble plutôt que celui Roi légaliste qui serait assis sur son trône pour instaurer la royauté en Israël ; c’est bien ce que ces juifs voudraient voir en Lui. On peut s’en convaincre à la lumière de cette lumineuse réflexion de Jean XXIII : « Je n’ai pas besoin d’user de la manière forte pour maintenir le bon ordre. La bonté vigilante, patiente et indulgente arrive à ce but bien mieux et plus rapidement que la rigueur et la cravache. Je ne souffre ni illusions ni doute à ce sujet » .
Dans la première lecture aussi, cette vérité de la présence agissante de l’Esprit du Ressuscité dans l’annonce de la Seigneurie de Jésus, suscita l’admiration de Barnabé puis de Paul à Antioche au point où pour la première fois les disciples reçurent le nom de ‘’chrétiens’’. Ceci est un témoignage fort pour nous chrétiens d’aujourd’hui qui voulons à brûle pour point tout savoir sur l’œuvre de Dieu sans laisser le temps à l’Esprit de Dieu de faire son chemin dans nos vies. Et voici ma prière pour nous en ce jour :
Seigneur Jésus, tu te révèles comme le Messie à ceux qui t’écoutent avec un cœur docile. Rends notre oreille attentive à ta voix, afin qu’en tes œuvres, nous reconnaissions l’œuvre du Père avec qui tu es UN, dans l’amour de l’Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

P. Maxime AHOMAGNON

Publié le 27 avril 2010.

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