Méditation du Mardi 25 Mai 2010

1 Pierre 1, 10-16 ; Psaume 97(98) ; Marc 10, 28-31.

L’évangéliste Marc rapporte que Pierre dit à Jésus : « Vois, nous avons tout quitté pour te suivre. » C’est en l’évangile de Mathieu que nous trouvons l’objectif de l’intervention et de la question de Pierre : « que recevrons-nous en échange ? » Loin de blâmer Pierre qui attend une récompense, Jésus lui donne raison, raison de poser sa question, raison de s’inquiéter pour lui-même et pour ses frères apôtres : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Evangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, frères, sœurs, mères, enfants et terres… » Dieu est vraiment d’une grande générosité. Il suffit de regarder honnêtement notre propre vie d’appelé pour conclure que Dieu n’a pas compté pour rien la confiance que nous avons mise en Lui. Il n’attend même pas le monde à venir pour nous récompenser, il le fait en ce monde-ci malgré les persécutions, les souffrances, les tribulations etc.
Remarquons que dans l’Evangile ce que nous avons quitté est au singulier alors que ce que nous recevons en retour est au pluriel : « personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Evangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, frères, sœurs, mères, enfants et terres… » C’est donc vraiment du centuple que Dieu nous gratifie. J’aime bien Thérèse d’Avila lorsqu’elle rappelle que : « c’est déjà en cette vie que Dieu donne le centuple » (Sainte Thérèse de Jésus, Vie écrite par elle-même, chapitre XXII ; cf. U.M. Schiffers, Gott liebt beherzte Seelen, dans Pastoralblatt 34, 1982, p. 294). Mais, c’est celui qui, comme Pierre, donne « un » qui reçoit cent, le centuple. Dieu tient promesse à condition que nous ne falsifiions point le peu qu’il nous demande. Offrons-Lui la totalité du « un » qu’il nous demande, c’est la condition pour avoir le centuple ici-bas et après, dans le monde à venir, la vie éternelle. Daigne le Seigneur remplir nos cœurs de la capacité à tout abandonner pour nous donner en vérité au Seigneur et à son Evangile. Amen !

Père Frédéric Serge KOGUE

Publié le 24 mai 2010.

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