Méditation du Mardi 24 Novembre 2009

Frères et soeurs en Christ,
Chers amis,

Dieu dans l’histoire : voilà la question pour l’homme, l’énigme et le mystère. Que peut-il faire dans l’histoire des hommes si ce n’est de sauver ces hommes en assumant leur histoire pour qu’elle devienne porteuse de salut ?. Si l’incarnation a valorisé le monde des sens et donc la perception, à l’opposé de tout platonisme qui cherche l’universel au-delà du monde sensible, c’est pour que le monde sensible devienne l’espace et le cadre même de la révélation. Et en 1ère lecture comme dans l’évangile, c’est de révélation qu’il s’agit. Même si les révélateurs sont différents, le message semble le même : les royaumes terrestres se succèderont jusqu’à l’avènement du Royaume éternel. Que faire ? Ne pas gaspiller le temps, car il est précieux, il est pur don de Dieu. C’est dans le temps que les royaumes terrestres se succèdent jusqu’à l’apparition du Royaume éternel (Voilà la révélation de Daniel au roi Nabuchodonosor en 1ère lecture). Cette dégradation des royaumes terrestres ne doit entacher en rien la sérénité du Chrétien qui passe son temps à faire du bien partout où il passe (comme Jésus, partout où il passait, il faisait le bien ), et à ne pas avoir peur ni de la fin du monde, ni des catastrophes naturelles, ni de sa propre fin. Il peut être porté à la contemplation des choses extérieures qui ne doivent en aucun cas briser son élan vers la contemplation de la Beauté rassurante et rafraîchissante de Dieu, même quand tout sera détruit. Les disciples, eux, admiraient la beauté du temple, mais Jésus les ramène à l’ordre "Ce que vous contemplez là, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit"
Le chrétien se reconnaît certes par sa fermeté en l’espérance du royaume éternel, mais il a aussi cette pleine assurance que Dieu est non seulement le Maître du temps, mais aussi le Maître de l’histoire et de chacune de nos histoires. Et le moment précis de la fin des temps ne doit pas être notre préoccupation, mais plutôt comment faire pour assurer ce salut dans le temps, en ne courant pas dans tous les sens à la recherche d’un sauveur en dehors de l’Unique Sauveur Jésus-Christ. C’est d’ailleurs pour cela que Jésus ne répond pas de façon précise à la question des disciples "Maître, quand cela va t-il arriver ?". Il préfère les instuire des signes précédant sa venue pour qu’en définitive ils en sachent suffisamment sur la fin du monde. C’est à croire qu’en étant instruit de la venue du Seigneur, on en sache suffisamment sur la fin du monde. Et c’est bien le cas.
"Penez garde de vous laisser égarer", commence t-il. Par qui ? Par des illuminés ou des exaltés qui passeront pour des sauveurs des derniers temps et aussi par des catastrophes naturelles : famine, tremblements de terre, calamités, épidémies, peste et autres. "Ce ne sera pas tout de suite la fin".
Comment préparons-nous notre fin à nous ? En vivant un peu dans la reconnaissance perpétuelle, dans l’action de grâce (Eucharistie) permanente à Dieu qui comme une mère qui s’est occupée du bébé pendant des semaines espère un jour ou tous les jours recevoir le sourire de sa reconnaissance. Demandons la grâce de la sérénité en face des événements de la vie et un accroissement de foi et de ferveur priante pour que cessent autour de nous et en nous les bruits de guerre et les guerres et qu’advienne le règne de Dieu.

Abbé Hermann NADOHOU

Publié le 24 novembre 2009.

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