La portion du Sermon sur la Montagne que la liturgie nous propose en ce jour voudrait nous sensibiliser à ce qu’un grand témoin de la foi du siècle dernier, le théologien protestant Dietrich Bonhoffer, a appelé le prix de la grâce. La grâce est gratuitement (gracieusement) donnée ; elle n’en coute pas moins, elle a du prix. La grâce a coûté au Seigneur ; la valeur du sacré réside pour nous chrétiens essentiellement en ce qu’il est fruit du sacrifice rédempteur du Christ.
La Parole et les sacrements sont pour tous, tous cependant ne sont pas disposés à les recevoir, à leur faire bon accueil dans leur vie. Pourquoi confier de la valeur à des personnes qui n’ont aucun sens des valeurs ?
Dans un monde, le nôtre, où tout est banalisé, "profané", il incombe aux chrétiens de maintenir vif le sens du sacré, le sens des valeurs.
Et pour sentir le sacré, point n’est besoin de rester là à regarder le ciel ; le sacré ne vient-il pas à nous à travers le visage de l’autre notre semblable ? à travers le visage humain du Tout-Autre, Semblable infiniment Dissemblable ?
La sequela Christi sera alors concrètement et douloureusement vécue comme une situation d’écartelement où le disciple à l’image du Maître crucifié accomplit sa montée vers les hauteurs de la perfection divine d’autant plus sûrement qu’il prend racine dans le sol de la solidarité envers ses semblables.
Abbé Hippolyte WHANNOU de DRAVO