LA 4EME SEMAINE DE L’AVENT –ANNEE ‘’A’’
REF. : So 3, 14-18a ; Ps 32 ; Lc1, 39-45.
« Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi en héros, en vainqueurs »
Bien aimés du Seigneur ? Bonjour !
Nous sommes à quelques jours de la fête de Noël c’est-à-dire la période de la préparation immédiate à Noël et les textes de ce jour marquent exceptionnellement l’enjeu du salut que Dieu veut apporter à son peuple après les drames connus par suite des infidélités qui ont caractérisé l’attitude du peuple élu. Ainsi, l’arrière plan du Livre du prophète Sophonie retrace une époque exceptionnellement dramatique. C’est tout d’abord le temps de l’expansion assyrienne avec ses cruautés et ses destructions puis des situations de renversement : des guerres entre nations païennes et Jérusalem, la ruine de Jérusalem en l’an 587, etc. et parlant de Jérusalem, Sophonie annonce ici sa restauration après toutes ces péripéties car le Seigneur Dieu prendra lui-même, la revanche sur son peuple et lui pardonnera toutes ses infidélités.
Et voici ce que proclame le prophète : « en ce jour la, on dira a Jérusalem ‘’n’aie pas peur, Sion, que tes mains ne faiblissent pas ; le seigneur ton dieu est au milieu de toi en héros, en vainqueur il est tout joyeux a cause de toi, dans son amour, il te renouvelle, il jubile et crie de joie a cause de toi’’ ». Si le prophète s’exprime en ces mots en faveur de Jérusalem, c’est un peu comme pour dire que les pauvres de Yahvé vont retrouver leur paix et leur quiétude intégrales qui s’inspirent de la bonté divine. C’est dans la droite ligne de cette bonté divine que s’inscrit la venue de l’Enfant Dieu qui sera notre paix définitive. C’est un signal éloquent qui doit retentir dans nos cœurs conviés à la conversion dans l’optique de nous resituer face à la réalité du salut qui s’harmonise avec celle de la réconciliation avec Dieu qui vient épouser notre condition humaine dans toutes ses facettes et dimensions.
Le Prologue de St Jean l’Evangéliste lève tout le voile sur cette figure messianique et nous introduit dans la vérité d’être de Celui que tous les prophètes ont annoncé pour l’accomplissement des temps. C’est le VERBE de Dieu qui au commencement était auprès de Dieu et était Dieu. Selon les prophéties, c’est Lui qui se fera chair et habitera parmi nous pour que nous voyions et contemplions sa gloire, celle qu’Il tient du Père (Jn 1, 1-14). C’est Celui à qui Jean Baptiste rend témoignage. Et le signe annonciateur du salut que ce Verbe apporte, est le geste que Marie fait en allant rendre visite à sa cousine Elisabeth qui attend un enfant qui sera le précurseur. Autrement dit, le ciel et la terre se donnent la main et Dieu vient habiter chez nous. « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » s’est écrié Elisabeth à la vue de Marie. Et le tressaillement de l’enfant dans le sein de sa mère est la preuve que Dieu apporte la joie sur la terre par son Fils qui vient habiter parmi nous. Et la scène qui se produit dans cette péricope Lucanienne est l’expression d’un geste d’amour dont le déploiement incite à la joie d’une venue et qui comble les espoirs et libère des incertitudes. Elisabeth revoit sa sœur Marie et par la salutation de celle-ci, le fils de la vieillesse qui est dans son ventre s’extasie pour participer à cette joie que vient libérer Marie, la Mère du Fils de Dieu. C’est ainsi que Dieu vient nous visiter pour insuffler sa puissance à notre faiblesse pour nous relever.
La fête de Noël devient donc le moment où l’extraordinaire vient prendre place dans la vie ordinaire pour lui imprimer un regain de beauté et de splendeur par le truchement d’un Petit Enfant qui naît en même temps que son règne qui s’étend à tous les âges.
Que la ferveur de cette fête de la Nativité nous habite réellement au moyen des effluves que l’Enfant-Dieu exhale sur les chemins de notre marche vers la Jérusalem céleste où nous verrons Dieu tel qu’Il est. AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON