Méditation du Mardi 2 février 2010

« Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations païennes et gloire de ton peuple Israël. » Quarante jours après la Nativité du Christ, l’Eglise offre à ses fils et filles de célébrer la Présentation du Seigneur au Temple. De fait, une semaine après sa naissance, le garçon nouveau-né de Marie a subi la circoncision qui lui permit de recevoir son nom. Le nom de « Jésus » que l’ange Gabriel avait indiqué et qui signifie « Dieu sauve » donne forme à la personnalité de ce petit garçon. Puis arriva le jour où, selon que le demandait la Loi de Moïse, Marie et Joseph devaient aller se faire purifier au Temple de Jérusalem et consacrer leur « premier-né de sexe masculin au Seigneur ». Nous arrivons à un point culminant de la tradition juive où Loi (le terme est venu 5 fois) et Temple constituent les deux piliers de la spiritualité et de la vie d’Israël. Joseph et Marie ne se dérobent pas à cette Loi. Et mieux, ils présentèrent leur offrande suivant les indications de Lv12, 8. Ce faisant, ils offrent au peuple juif d’aller à la rencontre du Messie promis. Le Temple n’est-il pas le lieu par excellence où Israël a condensé toute son histoire, lieu de la rencontre avec Dieu, lieu symbole de leur unité et de l’unicité de leur Dieu ? Il n’y a donc pas meilleur lieu pour révéler à tout Israël la figure et la mission du nouvel envoyé de Dieu et lui permettre d’exprimer sa foi : lumière pour éclairer les nations païennes et gloire d’Israël ton peuple ! Ces paroles du vieillard Siméon précisent aussi la vision universaliste du salut apporté par Jésus ; vision selon laquelle Dieu veut sauver tous les hommes sans exception et nous conduire tous à la Lumière. Ainsi trouve sens la cérémonie de la chandeleur qui a ouvert la célébration de la messe de ce jour. En portant les cierges allumés, les fidèles se souviennent que pour cheminer vers le Père, ils ont pour guide Celui qui est la lumière des nations. Puisque Christ est la lumière du monde, marchons dans cette lumière tout au long de nos jours ; laissons-nous éclairer par elle qui seule peut nous arracher des ténèbres de la mort et conduire nos pas aux chemins de la Paix.
Le vieillard Siméon, tout en bénissant les parents de l’enfant, ne s’est pas empêché de faire preuve de réalisme au sujet de la mission combien difficile du Messie : cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, il sera un signe de division. Et toi-même, un glaive te transpercera le cœur ! Suivre le Christ sans passer par où lui-même est passé manque alors de réalisme. Cependant, nous ne devons pas perdre de vue que si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons. Qu’il nous donne alors la grâce de pouvoir, à sa suite, accepter de porter notre croix lorsqu’elle se présentera à nous.

Père Anges Mathieu AMONLO

Publié le 2 février 2010.

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