Méditation du Mardi 2 Novembre 2010

Pour la commémoration de tous les fidèles défunts.
Réf. : Is 25, 6-9 ; Ps. 30,2…23 ; Rm 14, 7…12 ; Lc. 12,35-40.
« Il détruira la mort pour toujours » Bien aimé du Seigneur !
Hier lundi 1er novembre, nous avons célébré la fête de tous les saints du ciel et nous leur demandons de prier pour nous qui sommes encore en marche vers la patrie céleste. Aujourd’hui mardi, nous commémorons nos fidèles défunts pour qui nous avons une pieuse pensée afin que le Dieu de miséricordes leur donne de voir sa Face dans la splendeur de sa gloire éternelle. En effet, Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable. Et si la mort est entrée dans notre monde et nous afflige, du fait de notre péché, la promesse de l’immortalité dans le christ nous rend déjà la vie qui ne connaîtra plus de fin. St Paul disait d’ailleurs que dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur, car notre vie ne nous appartient pas à nous-mêmes. Le prophète Isaïe, dans la première lecture de ce jour nous en donne la conviction quant la mort semble ravir la vedette à notre espérance en l’immortalité promise : « Ce jour là,… le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre, Il effacera l’humiliation de son peuple ; c’est Lui qui l’a promis. Et ce jour là, on dira : ‘’voici notre Dieu, en Lui nous espérions, et Il nous a sauvés ; c’est Lui le Seigneur, en Lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous, Il nous a sauvés ».
C’est un motif exceptionnel d’espérance de joie que de comprendre que qu’avec la mort tout n’est pas détruit mais que tous est transformé en Dieu. Saint Thérèse de l’Enfant Jésus ne disait-elle pas sur son lit de malade « Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie » ? Par la mort donc, nous rentrons entrons dans le bonheur de Dieu, pour peu que notre existence soit un parchemin de bon exemple à l’égard de ceux qui nous observent pour attester notre testament posthume. C’est pourquoi, St Paul en deuxième lecture (lettre aux Romains) nous demande de ne pas avoir peur de la mort. Mais qu’il faut plutôt avoir peur de vivre d’une façon qui, au regard du Seigneur, est égoïste ou orgueilleuse. Car une telle vie et la mort qui l’achèverait, n’ayant pas été orientée vers le Seigneur, ne nous mèneraient pas à le rencontrer, si ce n’est comme un juge qui ne nous condamnerait pas. Nous devons alors éviter le péché pour connaître une bonne mort. Paul RICŒUR se fait explicite à ce sujet en ces termes : « Le péché introduit un néant d’un genre distinct … dont la chute est entièrement responsable, qu’elle soit celle de l’homme… » (Paul RICŒUR, LE MAL, Un défi à la Philosophie et à la théologie, P. 24).
Dans l’Evangile de ce jour, Jésus exhorte ses disciples à rester en tenue de service, c’est-à-dire à se tenir prêts car c’est à l’heure où ils n’y penseront pas que le Fils de l’homme viendra. Se tenir prêts pour ne pas se voir surprendre par la mort en d’autres termes dit Jésus. Pourtant notre civilisation essaye de vaincre la mort ou, du moins, de la dissimuler le mieux possible. L’homme de tous les temps agit ainsi parce que la crainte primale de quitter cette vie pour une destination incertaine le hante et la philosophie de la plupart est que la vie n’est pas dans la tombe mais sur la terre où les plaisirs et les jouissances emplissent l’âme humaine et la font stagner dans la sphère du matérialisme. Même si Epicure dit que le plaisir est le bien suprême, il ne se limitait pas aux plaisirs des sens et de la mondanité mais plutôt, il parlait du plaisir qui naît de la culture de l’esprit et de la pratique. Ainsi, le Christ a raison de nous dire plutôt que c’est une gageure que de regarder la mort en face parce qu’elle est le retour du Christ pour chacun d’entre nous. Que cette perspective soit pour nous un stimulant pour la vie présente.
Que nos parents et amis défunts obtiennent la grâce d’avoir part à la félicité éternelle et qu’ils deviennent nos intercesseurs auprès du Dieu de toute miséricordes. AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON

Publié le 2 novembre 2010.

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