Les textes du dimanche dernier tournent nos regards vers la Providence divine qui ne se trompe jamais en ses desseins et dispose les choses toujours pour le bien de ceux qui aiment Dieu. Cette providence divine appelle notre collaboration libre qui doit se traduire par un détachement vrai et sincère de tout bien matériel ou de toute chose qui nous éloignerait du Seigneur. L’être humain et donc le chrétien est un être de chair qui a des besoins. Pour cela il est toujours à la recherche de l’essentiel nécessaire, le ‘’ notre pain de ce jour’’. Le fait même que cette préoccupation soit inscrite dans la prière du Pater par le Seigneur Jésus lui même est très significatif : le Seigneur Jésus lui-même reconnait que nous sommes chair, sujets à des besoins, tendus et déterminés par notre intérêt. L’être humain et donc le chrétien ne voit naturellement son entrée en relation avec l’autre que par rapport à ses attentes, intérêts et besoins. Il lui arrive donc ‘’ humain, trop humain,’’ qu’il est, de ne rechercher que son intérêt et de préférer l’eau à la source de l’eau ; autrement dit, de préférer ce que la providence donne à la providence elle même.
La question de l’apôtre Pierre "Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi" n’est pas sa question à lui seul, mais celle de tous les disciples. Matthieu le publicain a laissé sa confortable position de collecteur d’impots, les fils de Zébédée ont laissé leur métier et leur père etc. La réponse de Jésus est très consolante mais contient un mot qui pousse à réfléchir et à comprendre le message de ce jour qui est : s’attacher aux choses de ce monde sans oublier le Seigneur ou mieux mettre le Seigneur devant et au dessus de toute chose. Le mot dont il est question est le mot ‘’persécutions’’. Le Seigneur Jésus promet le bonheur autant sur terre qu’au ciel à ceux qui le suivront et lui donneront leur vie, mais il n’occulte pas la réalité des persécutions et cela nous donne une lumière sur ce que doit être notre relation aux choses de ce monde. Par notre baptême et par les autres sacrements qui nous vouent totalement au Seigneur, nous nous détachons des choses de ce monde mais il faut reconnaitre que ‘’les choses ne se détachent pas de nous’’. Une autre manière d’être pauvre s’impose : c’est la pauvreté de cœur que chante les béatitudes. Une disposition intérieure qui utilise les choses de ce monde non pour notre satisfaction propre et notre orgueil mais pour la gloire de Dieu. Ne pas s’attacher aux choses plus que nous ne le feront par rapport au Seigneur, ne pas nous attacher aux choses que le Seigneur nous donne et oublier le Seigneur lui même, ne pas faire du chantage au Seigneur ou à ceux que le Seigneur par notre vocation a mis sous notre responsabilité et ceci pour le motif que nous ‘’ avons tout laissé pour le suivre’’. Le début de la première lecture nous situe bien dans l’intention qu’il faut avoir quand on veut donner et se donner au Seigneur : un cœur ouvert, simple, humble, un cœur de pauvre.
Notre vie doit dire notre amour total pour le Seigneur qui d’ailleurs nous le prescrit
Le détachement est la condition de toute réussite dans la vie spirituelle. Et ce message est très important en cette semaine qui nous rapproche doucement du temps de Carême. "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux.’’ Matthieu 5, 3.
Que dieu nous en donne la grâce. amen.
Abbé S. Elzéar Spire ADOUNKPE.
‘’ Aimer, Servir, Obéir, Vivre et Faire vivre’’