Méditation du Mardi 19 Juillet 2011

Pourquoi Matthieu éprouve-t-il le besoin de relater l’"incident" dont nous parle la péricope de ce jour ? Sans doute parce que l’incident en question est avant tout pour Jésus une occasion de délivrer un enseignement. En bon pédagogue, Jésus se montre capable de se servir de circonstances concrètes de la vie pour faire passer son message. Il faut le reconnaître, le ton de la réponse de Jésus à son (ses ?) informateur(s) est pour le moins inattendu. Mais, tout cela ne participerait-il pas de la pédagogie du Maître ? Une manière d’interpellation d’autant plus efficace qu’elle paraît abrupte ? Tout auditeur attentif de Jésus n’aura certainement pas manqué de noter une occurrence de plus dans la référence constante, récurrente à son Dieu-Père.
La mission de Jésus est de révéler Dieu son Père et d’introduire les hommes dans cette relation particulière, unique qui l’unit à Dieu : la filiation. L’exhortation « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (5,48) ou encore la tradition de la prière du « Notre Père » (6, 7-15) illustre bien, entre autres, cette préoccupation essentielle voire unique de Jésus (cf. aussi Jn 17, 3). La réaction de Jésus dans la portion de texte que la liturgie de ce jour nous propose doit être interprétée dans cette logique. Entrer dans la famille de Jésus, être de ses intimes, de ses proches, c’est vivre une existence référée à Dieu le Père, référée sous le mode de l’obéissance qui est, en fin de compte, imitation de Jésus lui-même. Ceci se comprend aisément pour ce qui est de devenir « frère » ; mais quand est-il d’être la « mère de Jésus » ?
Il me semble que c’est à ce niveau qu’il y a d’excellentes raisons de cautionner la tradition dans l’Eglise catholique de lire ce passage comme un éloge discret (faut-il s’en étonner de la part Jésus) à l’obéissance de Marie qui par son fiat a laissé à disposition son corps, son être tout entier, sa vie pour que la Parole du Père se fasse chair. Marie, figure personnelle de l’Eglise qui par l’annonce et la pratique de l’Evangile coopère avec l’Esprit en sorte que la Parole prenne à nouveau chair dans le cœur des hommes, l’Eglise qui dans l’Esprit engendre pour le Père de nouveaux frères à Jésus.

Abbé Hippolyte WHANNOU de DRAVO

Publié le 19 juillet 2011.

Repères