Méditation du Mardi 18 Mai 2010

Évangile : Jean 17.1–11

Mes biens aimés,
Dans l’évangile de ce jour, Jésus prie ; beaucoup appellent prière sacerdotale cette prière où, avant sa mort, le Christ offre en sacrifice sa propre vie : prêtre et victime à la fois (19). Le terme sanctifier avait deux sens : le prêtre se sanctifiait, c’est-à-dire qu’il se préparait pour être digne d’offrir le sacrifice, et il sanctifiait la victime (ou la rendait sainte) en la sacrifiant. Jésus met fin au culte de l’Ancien Testament que les Juifs rendaient à Dieu dans le Temple (He 8.13 ; 10.9). Ce peuple était saint, c’est-à-dire mis à part pour servir le Dieu Saint que, seul entre toutes les nations, il connaissait grâce à un privilège spécial. Jésus prie pour les siens afin qu’ils deviennent le nouveau peuple (Ps 102.19) saint, ou consacré à Dieu dans la vérité (17). Il répandra sur eux l’Esprit de la vérité qui avait été promis à Israël et cet Esprit les instruira intérieurement. Garde-les en ce Nom (11). Autrement dit : garde-les dans le rayonnement de ton propre mystère que tu partages avec ton Fils. C’est la prière de Jésus pour son Église à laquelle il confie sa propre mission. Le premier devoir de l’Église sera de connaître Dieu. (Le mot connaître revient sept fois, ce qui indique clairement que cette connaissance est au centre de la prière de Jésus). Ce serait un christianisme bien court que celui qui ne saurait dire que : Amour, amour ! Quelle que soit la situation de l’Église, sa mission propre et irremplaçable sera de préserver et de proclamer la vraie connaissance du Père et le commandement de son Fils.
Jésus veut aussi que chacun des siens connaisse Dieu : ce qui exige l’approfondissement de la parole de Dieu, la persévérance dans la prière et la participation aux célébrations de la communauté. En tout cela, nous bénéficierons de l’aide de l’Esprit Saint de qui viennent les dons de connaissance et de sagesse (Col 1.9). De cette connaissance viendront les bonnes œuvres et l’amour : c’est le commencement de la vie éternelle (3) où nous verrons Dieu tel qu’il est (1 Jn 2.3). Le Christ a prié pour que son Église soit une, c’est-à-dire signe d’unité dans un monde divisé. Il ne suffit pas de proclamer le Christ ; il faut aussi que les hommes voient l’Église une et unie parmi eux. Église catholique, c’est-à-dire universelle, où personne ne se sente étranger. Église une, grâce à un même esprit, avec l’unité visible de ses membres.
L’histoire de l’Église semble démentir la prière de Jésus et sa volonté de fonder son Église sur la communauté des Douze, faisant de Pierre le chef visible du groupe apostolique et de toute l’Église. Mais, aujourd’hui une bonne part de ces difficultés passées ont été clarifiées. Catholiques, protestants et orthodoxes multiplient leurs efforts pour réunir les croyants. Mais en même temps, de nouvelles fissures apparaissent à l’intérieur de chaque Église. Car face aux problèmes actuels les plus conflictuels, les chrétiens se divisent non seulement dans leurs choix politiques, mais aussi dans leur manière de comprendre le Christ, de proclamer son message.
C’est pourquoi l’œcuménisme, c’est-à-dire l’effort de réconciliation et de rapprochement des Églises exige que nous surmontions également les nouveaux désaccords qui menacent l’unité interne de l’Église. Nous devons faire l’impossible pour que l’unité de tous les chrétiens se réalise comme le Christ le désire, et par les moyens qu’il désire. Et pour y parvenir, chaque chrétien peut et doit se, comporter comme Saint Paul ou continuer à se comporter comme Saint Paul dans la 1ère lecture de ce jour : « c’est donc de Milet que Paul a envoyé un courrier à Éphèse pour convoquer les Anciens de l’Église. Lorsqu’ils sont arrivés, il leur a dit : "Vous avez été témoins de ma façon d’agir tout le temps que j’ai passé avec vous, depuis le premier jour où j’ai débarqué en Asie. J’ai servi le Seigneur sans me faire valoir, au milieu des larmes et des épreuves que m’ont attirées les complots des Juifs. Vous savez que je n’ai reculé devant rien lorsque quelque chose pouvait vous être utile. J’ai prêché et enseigné en public et dans les maisons, insistant auprès des Juifs comme des Grecs sur la conversion à Dieu et la foi en Jésus notre Seigneur". » Ce comportement, inspiré par l’Esprit Saint, nous conduira à la vérité toute entière et alors, comme dit le Psalmiste de ce jour, le Seigneur Dieu déversera une pluie de largesses pour raffermir ton peuple épuisé par le poids de la division.

Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI
Vicaire à Paroisse Immaculée Conception de Tori-Gare

Publié le 18 mai 2010.

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