Méditation du Mardi 16 Novembre 2010

Réf. : Ap. 3, 1-6.14-22 ; Ps. 14 ; Lc. 19,1-10.
« Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ». Bien aimés du Seigneur,
Hier lundi, la vision apocalyptique de St Jean s’est adressée à l’Ange « de l’Eglise qui est à Ephèse ». A cet Ange, il a été reproché d’avoir perdu son amour des premiers temps et par suite, il lui est recommandé trois choses : « rappelles-toi donc, d’où tu es tombé, convertis-toi, reviens à ta conduite première ». Cela dénote du fait que la fidélité au Seigneur, n’est pas une affaire d’un temps mais de tous les temps, car les exigences de Dieu, sont celles d’un amour éternel et nous sommes appelés à y répondre par un amour toujours nouveau.
Dans le même sillage, la liturgie de ce jour en première lecture insiste davantage sur le fait en mettant en lumière l’attitude de l’Ange de l’Eglise qui est à Sardes et celle de l’Ange de l’Eglise qui est à Laodicée. En réalité, si Jean s’adresse à sept Eglises, c’est pour signifier qu’il s’adresse à la totalité des communautés qui, dans leur diversité, constituent l’unique Eglise du Christ. Parmi ces sept Eglises symboliques, il est des communautés mortes spirituellement ; il en est de tièdes : elles prétendent n’avoir plus besoin de progresser. Cette prétention est la pire de toutes, car elle rend impossible la conversion. Or, l’effort de conversion est une forme de lutte contre tout ce qui est orgueil, conviction erronée, mauvaise réputation, tiédeur dans l’âme, fausses richesses basées sur un matérialisme effarent, etc. C’est le Seigneur seul qui connaît le cœur de chacun et qui sait de quoi chacun de nous est capable. C’est le comportement de chacun de nous en tant que fils d’Eglise qui est visé. Il ne sert à rien de chercher à cacher ce que nous sommes en nous confinant dans nos hypocrisies relationnelles et dans cachoteries déguisées. Il n’est pas rare de constater que la réalité de l’anthropologie de ces Eglises dont St Jean nous donne l’image ici, est encore tangible dans notre société contemporaine où l’Eglise dans toute sa splendeur de sainteté a encore quelques trames de péchés. C’est le lieu de reconnaître avec Monseigneur Fidèle AGBATCHI, que l’Eglise se manifeste à nous de tant de manières, dans tant de structures et elle entre si aisément dans les cultures humaines pour les marquer, les déterminer dans leur apparaître et dans leur profondeur. L’Eglise se permet d’imprimer son cachet sur des civilisations entières qui ont du mal à se défaire d’elle malgré les poussées de l’athéisme, du matérialisme et du sécularisme (Mgr Fidèle A., L’EGLISE, P. 5). Autrement dit, il s’agit de fuir le péché pour que l’Eglise exhale toute son odeur de sainteté. D’ailleurs, c’est la part historique que l’homme joue qui est entachée de péché, sans pour autant annuler l’acte de Dieu dont elle est constituée. Le bon et le mauvais cohabitent donc dans cette Eglise et c’est pourquoi St Jean nous fait découvrir que ceux qui auront tenu jusqu’au bout l’étendard de la fidélité entreront dans la joie de l’Agneau : « Mais chez toi à Sardes, il y en a quelques uns qui n’ont pas Sali leurs vêtement ; habillés de blanc ils marcheront avec moi, car ils l’ont mérité. C’est ainsi que le vainqueur portera des vêtements blancs ». De plus, cet acte divin n’est pas totalement absent de notre histoire actuelle, car Dieu y intervient pour pardonner et sanctifier, en sorte que les ‘’ croyants’’ ne sont ‘’saints’’ que dans la mesure où ils sont ‘’sanctifiés’’. Il est indéniable que Dieu nous aime tous d’un grand amour, mais le tout dépend de la manière dont chacun s’y prend sur le chemin de la perfection et de la conversion. Malgré la gratuité de cet amour divin, l’homme est appelé à œuvrer pour le mériter au quotidien et tendre vers à chaque pas de la vie.
Nous en savons désormais assez sur l’histoire de Zachée qui cherche à découvrir le visage de Jésus. Ce Zachée dans le cœur de qui taraude une détermination patente à l’empilement injuste de la richesse. Mais Jésus dépasse son attente en venant chez lui, non sans avoir d’abord suscité sa recherche. Du reste, si le pécheur Zachée cherche Jésus le Juste, c’est d’abord parce que le juste est venu à la recherche des pécheurs et qu’ensuite l’équation entre le péché de l’homme et la justice de Dieu est résolue sur l’autel de la réconciliation et de la miséricorde divine. Enfin, le désir de Dieu doit motiver l’effort constant de l’homme dont la vocation première est la Sainteté qui suppose la recherche du bien en toute chose et le repentir. R. Guelluy se fait convainquant à cet effet : « Tandis que la présence à soi-même dans le remord est stérile, la présence à Dieu dans le repentir est féconde. D’un côté, c’est l’isolement ; de l’autre, c’est la communion : le repentir est une attitude d’affection » (Vie de foi et tâches terrestres, P. 71).
Que le Seigneur descende chez nous pour nous libérer de nos lourdeurs spirituelles et matérielles qui maintiennent nos pas de pécheurs dans les méandres de l’éphémère afin que nous puissions mériter nous aussi la joie promise aux justes. AMEN !
P. Maxime AHOMAGNON.

Publié le 16 novembre 2010.

Repères