Frères et sœurs,
Le texte de l’évangile de ce jour est la suite de celui d’hier qui nous parle de Nicodème qui était un homme religieux, et il venait à Jésus comme à un maître en religion. Mais ce dont il avait besoin, ce n’étaient pas de nouvelles connaissances, c’était un renouvellement intérieur. C’est la même chose pour nous habituellement. Nous devons reconnaître notre impuissance, par nous-mêmes, à renverser les barrières qui nous empêchent de vivre d’une manière authentique. En dépit de toute notre expérience et notre savoir (ou à cause d’eux), nous sommes comme Nicodème, des gens vieillis.
Jésus dit que nous devons naître de nouveau et naître d’en haut. L’évangile utilise un mot qui peut dire indifféremment l’un ou l’autre. Personne ne se donne la vie et, de même que nous recevons d’autres personnes cette vie selon la chair, nous recevons de l’Esprit la vie des enfants de Dieu.
Jésus compare l’action de l’Esprit au passage du vent que nous sentons, sans pouvoir le voir ou le saisir. Remarquons aussi que dans la langue de Jésus le mot souffle signifie aussi bien esprit que vent.
Nous devons tous naître d’eau et d’Esprit : il y a là une allusion au baptême. Ne pensons pas que l’on commence à vivre selon l’Esprit par le seul fait d’avoir reçu l’eau du baptême ; on est plutôt baptisé pour commencer à vivre la vie de l’Esprit : les paroles de l’évangile en cet endroit s’appliquent aux personnes adultes qui se convertissent et sont renouvelées par la foi chrétienne. Le cas du baptême des enfants est différent. Le baptême agit en eux, mais il leur faudra un jour accepter la Parole et renoncer à eux-mêmes pour être portés par l’Esprit.
Naître de l’Esprit : dans la plupart des cas ce renaître de l’Esprit n’est en réalité que le début des neuf mois durant lesquels il faut porter en soi le moi nouveau dans l’attente persévérante. Au terme, la vie nouvelle dans l’Esprit commence à montrer son visage. Mais, pour bien dire ces choses, il aurait fallu l’expérience d’une femme.
L’ESPRIT souffle où il veut. Voici quelque chose de très neuf. La vie chrétienne ne sera pas d’abord l’observance d’une loi, même si la loi est nécessaire. Dès que le croyant est introduit dans une communion avec Dieu, sa vie tout entière est inspirée par l’Esprit, tout comme elle est attirée par la perfection divine. Les textes bibliques ne parlent pas d’une “imitation du Christ”, car sa vie, même parfaite, n’est qu’une image particulière et limitée de la perfection divine. Nous ne deviendrons pas Jésus, le Juif, surtout pas les femmes ni tous ceux qui ont vécu le mariage et la famille. L’Écriture ne résout qu’en partie nos problèmes, et c’est l’Esprit qui inspire nos options décisives, aussi bien que les actes peu voyants où nous s’est exprimé le meilleur et le plus neuf de notre liberté. Les actes créateurs, ceux dont est sorti ce qui en nous a déjà le goût de Dieu et de l’éternité, sont ceux qui ont été soufflés par l’Esprit, en douceur ou en tempête.
Prions, mes frères et sœurs pour que notre vie soit renouvelée au cœur de ce temps pascal en vue de la vie éternelle.
Abbé Adelph ADAMBADJI