La péricope de ce mardi rappelle par ses accents bien des passages prophétiques de la première Alliance. En fait tout le texte est traversé d’allusions plus ou moins transparentes à l’Ancien Testament. Comme Yahvé avec l’Israël des temps anciens, Jésus expérimente la résistance de ses contemporains à l’appel de la grâce. Nous savons quelle réputation peu flatteuse traînaient Tyr et Sidon dans l’Ancien Testament (cf. Is 23 ; Ez 26-29), et pourtant Jésus les trouve moins endurcies que ces villes (Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm) à la réputation tout aussi sulfureuse, mais qui ont fait l’objet d’un amour de prédilection de sa part. Jésus est déçu : c’est le drame d’un amour à sens unique, d’un amour sans répondant, sans vis-à-vis véritable.
« A qui l’on a beaucoup donné, on réclamera beaucoup » (Lc 12,48). Les paroles que Jésus prononce contre ces villes ont de quoi effrayer et rappellent d’une part, que la finalité des miracles c’est d’inciter à la conversion qui est, en définitive, réponse de l’aimée à l’aimant ; et d’autre part que résister à l’appel à la conversion, c’est toujours s’exposer au jugement de Dieu : « Celui qui croit en lui n’est point jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du fils unique de Dieu » (cf. Jn 3, 18).
Père Hippolyte WHANNOU