Méditation du Lundi 4 Juillet 2011

Ste Elisabeth, reine de Portugal (1271-1326)

Mes bien aimés,
La liturgie de la parole de ce jour nous éclaire sur la mécessité d’une médiation pour rentrer en alliance avec Dieu. En effet, Jacob quitta Bersabée et partit pour Harrân. Jacob va chercher travail et femme au pays de ses ancêtres. En route il a une vision dans laquelle Dieu renouvelle son alliance avec lui. Contrairement à Abraham que Dieu avait appelé quand il était déjà âgé et savait ce que vaut la vie, Jacob ne prend que peu à peu conscience de sa vocation. D’abord il rachète le droit d’aînesse d’Ésaü qu’il a déjà jugé comme un irresponsable ; mais il ne connaît pas encore le prix de la bénédiction de Dieu à ses ancêtres : c’est sa mère qui le décide à prendre le risque de voler cette bénédiction. Il se laisse persuader et c’est seulement après qu’il comprend les conséquences de ce geste : il doit maintenant fuir pour sauver sa vie.

Mais au moment où Jacob commence sa vie de fugitif et d’émigrant, il rencontre Dieu et découvre l’ampleur de sa responsabilité : c’est lui qui porte désormais les promesses de Dieu pour le monde. On devient responsable quand on sait qu’il faudra rendre compte, et quand on est de fait capable de répondre de ses actions. Jacob sait qu’il devra répondre devant Dieu qui l’a choisi. Yahvé est donc en ce lieu ! Seul et sans défense, Jacob s’endort près d’une ville habitée par des étrangers. C’est alors que Dieu renouvelle pour lui les promesses faites à ses ancêtres, et lui promet de le protéger : un jour, cette terre lui appartiendra.

C’est ici la porte du ciel. Jacob a vu le ciel s’ouvrir et les anges de Dieu formaient un pont vivant entre le ciel et la terre : c’est l’image de la communion avec Dieu que beaucoup cherchent en vain dans les diverses religions. Celles-ci peuvent nous fournir quelques connaissances de Dieu et satisfaire notre instinct religieux. Pourtant quelle que soit notre recherche de Dieu, nous ne l’atteindrons pas de nous-mêmes d’une manière directe et personnelle : seul Dieu peut se révéler lui-même dans sa vérité. C’est pourquoi plus tard, en citant ce texte (Jn1,51) Jésus dira qu’il est, lui, le seul pont véritable entre Dieu et nous : Fils de Dieu fait homme, Dieu et homme à la fois. C’est par lui, l’unique Médiateur entre Dieu et les hommes, que Dieu le Père, par la force de l’Esprit Saint, a guéri dans l’évangile d’aujourd’hui, cette femme souffrait de pertes de sang depuis une douzaine d’années.

Frères et sœurs, par cette Eucharistie, touchons la frange du vêtement de notre unique Médiateur ; il saura nous introduire davantage dans l’alliance avec Dieu et nous obtenir la vie. Amen.

In Christo, Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI

Publié le 4 juillet 2011.

Repères