La Parole de Dieu en ce jour, dans la page d’évangile que nous propose la liturgie, nous ouvre à un visage particulier de Dieu et à une attitude nourrie de liberté vis-à-vis de toute loi.
Jésus en pratiquant son propre précepte : « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Mc2,27) guérit une fille d’Abraham sous le poids de Satan depuis dix-huit ans mettant au-dessus de tout précepte la loi suprême de la vie de l’homme et de son salut. Il n’est guère question ici, de norme à taille humaine ou encore d’une loi selon chacun dans une perspective postmoderne mais bien au contraire de la valeur de l’homme en toute circonstance, valeur qui prévaut à l’encontre de nos faux sens de loi pour écraser et non libérer. Jésus comme par objection de conscience dit non à une loi fut-elle attribuée à Dieu ou dérivée de son Code qui interdirait de viser le suivi d’un ordonnancement au détriment de la créature privilégiée de Dieu, celle-là pour laquelle il est là au milieu d’Israël, celle-là qu’il sauvera par sa mort et sa résurrection. Nous devenons libres donc face à toute loi qui ne libère pas, qui ne relève pas et nous avons non seulement la possibilité de ne pas la suivre ; mieux et c’est ce qu’il faut encore de nos jours dans un courage prophétique travailler à abolir de pareilles lois tant par la pratique du bien que par les moyens de la République.
Le visage de Dieu qui nous y autorise est bien celui d’un Père qui par amour veut guérir et les sbires de Dieu et les sujets. Les sbires de Dieu sont, en effet, les défenseurs de Dieu contre Dieu, qui ne veulent que la sauvegarde de Dieu au point de commettre toutes les exactions au nom de Dieu et de maintenir une foule d’injustices pour Dieu. Dieu dit non, je suis celui qui peut inspirer « la gloire de Dieu c’est l’homme vivant et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu » (St Irénée de Lyon). Ce Dieu est le même qui recommande aux assujettis de systèmes pareils : « aime et fais tout ce que tu veux » (St Augustin, Commentaire de la 1ère épître de St Jean VII,8). Il