Méditation du Lundi 26 Avril 2010

Réf. : Ac 11,1-18 ; Ps 41,2-3 ; 42, 3-4 ; Jn 10, 1-10
« Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé » (Jn 10,9). Bien aimés du Seigneur,
La joie pascale continue son chemin dans nos cœurs d’hommes et de femmes renouvelés par les eaux baptismales de la nuit sainte de la Résurrection. Et c’est dans la dynamique de ce renouvellement que les textes de la liturgie de ce jour restituent à nos sens, la valeur universelle du salut offert à tous par l’unique Berger, Jésus-Christ ; Lui qui ordonne le mouvement et l’être, le temps et l’histoire à la volonté ultime du Père : Que tous soient sauvés ! En réalité, la houleuse discussion qui s’effectua entre Pierre et les frères issus du Judaïsme a été l’occasion pour celui-ci de faire la lumière sur la conversion du centurion Corneille à l’aune des paroles de salut prononcées par Pierre sous la mouvance de l’Esprit Saint. Désormais, il est évident que païens et juifs sont sur le même pied d’égalité dans l’ordre du salut.
Mais s’il est vrai que ce salut est désormais promis à tous, il n’en demeure pas moins vrai que chacun y parvient au moyen de sa décision personnelle à écouter et suivre le Vrai Berger qui est « venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». C’est sous l’angle de cette décision que Jésus se démarque pour nous des faux bergers. Il veut rassembler autour de Lui ceux qui croient en sa Parole, non pas à la manière de ces chefs qui, poursuivant leur intérêt, ‘’dévorent le troupeau’’ ; mais Lui donne réellement sa vie, celle qui ne passe pas. Et c’est là tout le sens du mystère pascal dont nous célébrons depuis quelques semaines les phases actualisant l’unique sacrifice rédempteur du Christ.
On ne le dira jamais assez, les faux bergers se prolifèrent de plus en plus et la dérision de notre monde se fait chose patente. Rappelons-nous cette interrogation de La Fontaine : « Est-il dit qu’on nous voie faire festin de toute proie, manger les animaux, et nous les réduirons aux mets de l’âge d’or ? » . Autrement dit, le berger a-t-il le droit de manger la chair de ses brebis sous prétexte que c’est lui qui les fait paître ? La question des intérêts personnels et égoïstes est ici posée avec acuité et interpelle chaque chrétien sur le choix qu’il fait et les actes qu’il pose pour orienter sa vie sur les pas du ressuscité ou suivre les faiseurs d’illusion qui arpentent l’agora de la pensée moderne axée essentiellement sur l’individualisme et le matérialisme ambiant.
Seigneur Jésus, vrai pasteur de ceux qui croient, Tu nous appelles chacun par notre nom. Fais que dans le tumulte qui nous environne, nous puissions discerner ta voix et marcher à ta suite dans ces verts pâturages où tu nous donneras la vie en abondance, maintenant et pour les siècles des siècles, Amen !

P. Maxime AHOMAGNON.

Publié le 26 avril 2010.

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