Lundi 24 Janvier 2011
(Année liturgique 2010–2011 : A)
Première Lecture : Hébreux 9.15, 24–28
Psaume : Psaume 98.1–6
Évangile : Marc 3.22–30
St François de Sales, évêque et docteur (1567-1622)
Frères et sœurs,
Aujourd’hui, la liturgie de la Parole nous situe la place et l’importance de l’œuvre de Dieu par son Fils dans la puissance de l’Esprit Saint. En effet, dans l’évangile de ce jour, Jésus est désigné comme possédé par Béelzéboul. Plus encore que les guérisons, les exorcismes préoccupent les Pharisiens et les maîtres de la Loi. Eux, qui sont les autorités religieuses, arrivent de Jérusalem pour voir Jésus de près. Les Juifs du temps de Jésus étaient obsédés par la croyance aux démons et considéraient la maladie comme une forme de possession. Jésus n’a pas cette obsession, mais il ne fait sûrement pas une distinction aussi tranchée que nous entre maladie et possession. C’est qu’en réalité, le démon est derrière toute la misère humaine.
Béelzéboul : c’est le nom d’une ancienne idole, un terme utilisé par les Juifs pour désigner le démon. Personne ne peut entrer dans la maison du Fort (27). Cet homme fort c’est le démon, et sa maison est la personne possédée. Piller la maison signifie enlever au démon le pouvoir sur sa victime. Tout sera pardonné, péchés et blasphèmes. Et Matthieu ajoute : “Celui qui parle contre le Fils de l’homme sera pardonné” (Mt 12.32). Alors que l’Ancien Testament demandait la peine de mort pour celui qui avait blasphémé, pour sauver l’honneur de Dieu et éviter sa colère sur la communauté, le Dieu que connaît Jésus sait jusqu’où va la bêtise humaine et il ne se sent pas offensé par tant de propos ridicules ou blasphématoires auxquels nos sociétés se sont habituées : il ne se défend pas à la manière des grands de ce monde.
Jésus lui-même accepte d’être critiqué par ceux qui ne comprennent pas sa façon d’agir : c’était le cas de beaucoup de Pharisiens. Mais c’était tout autre chose que d’appeler mal ce qui visiblement était bien. Blasphémer (ou calomnier) l’Esprit Saint, c’est attribuer à l’esprit du mal une action qui vient de Dieu. Ceux qui attribuent systématiquement à de mauvaises intentions les bonnes actions des autres, de l’Église ou d’autres partis, pèchent contre le Saint-Esprit. Ceux qui reconnaissent la vérité, sans croire en Dieu, sont en meilleure voie que ceux qui disent croire en Dieu mais qui ne reconnaissent pas la vérité.
Tirant la conclusion des exorcismes, Jésus dit : “Le Royaume de Dieu est venu jusqu’à vous”. Ce royaume, c’est le sanctuaire nouveau dans lequel le Christ est entré et dont nous parle la 1ère lecture de ce jour. En réalité, la victoire sur Satan se gagne chaque jour. Notre prière, la prière insistante des communautés chrétiennes, le témoignage de vie et l’action courageuse des chrétiens sont efficaces pour refouler la présence démoniaque dans l’argent, l’exploitation des autres, la drogue ou la frénésie du sexe.
Prions les uns pour les autres afin cette victoire soit nôtre, afin que nous entrions dans le sanctuaire nouveau tout en reconnaissant la place et l’importance des œuvres de Dieu.
Amen.
Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI