Méditation du Lundi 23 Novembre 2009

LUNDI 23 NOVEMBRE 2009

Frères et sœurs en Christ, chers amis,

Au lendemain de la Christ-Roi, l’Eglise nous propose des textes magnifiques (1ère lecture et évangile) qui nous indiquent merveilleusement ce qu’il faut faire pour être agréable au Roi des rois. Pour être agréable au monde, il ne faut pas agir à la manière du monde. Daniel et ses compagnons l’ont compris, la veuve dont Jésus loue la générosité hors pair l’a aussi compris. La préoccupation est là tout au fond de nos cœurs : Comment se rendre agréable à Dieu tout en étant le messager ou la messagère du Christ-Roi en ce monde ? Faut-il craindre Dieu ou plaire au monde ? La bonne mine de Daniel et de ses compagnons est le signe manifeste de leur communion profonde avec Dieu malgré le milieu ambiant qui ne s’y prêtait pas. Quand on est en communion profonde avec Dieu, on a toujours bonne mine ; rien ne vous inquiète, parce que non seulement vous avez élevé votre cœur vers Dieu, mais vous lui avez aussi permis de s’y installer. Ils avaient bonne mine que les autres, Dieu leur avait accordé sagesse, intelligence, science. Ils auraient pu se dire : « Profitons de notre présence à la cour du roi pour mieux vivre » en sombrant dans les délices et vices de toutes sortes, mais ils étaient portés par le souci d’une vie digne de celui qui est au-dessus de ce roi humain qu’il servait ; la recherche d’une vie digne de ce Roi des rois les hantait. On peut donc être au service d’un roi humain sans se compromettre. On peut donc être au service d’un chef en ayant les yeux et le cœur fixés sur le Roi des rois. Chercher à être agréable aux yeux de Dieu nous dispose à être utile aux hommes.

Daniel et la pauvre veuve nous enseignent comment l’Eglise doit se tenir en ce monde, comment les chrétiens doivent se comporter en ce monde. L’Eglise doit se tenir pure au milieu des souillures de ce monde, les chrétiens doivent se tenir purs des souillures de ce monde. Si la richesse et la fécondité de l’indigence de cette veuve l’ont emporté sur tous les autres donateurs et ont reçu de Dieu les justes éloges que cette veuve méritait (" En vérité je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son indigence, tout ce qu’elle avait pour vivre. ") , cette richesse et cette fécondité sont celles même de l’Eglise qui donne tout ce qu’elle a pour lever la pâte de l’humanité, parce qu’elle est experte en humanité et en générosité. La simplicité de cette pauvre veuve, à ne pas en douter, est la simplicité même de l’Eglise ; l’Eglise est pauvre comme cette veuve, parce qu’elle s’est dépouillée de l’esprit d’orgueil et des péchés qui sont les richesses du monde ; l’Eglise est veuve comme cette veuve, parce que son Epoux, le Roi des rois, a souffert la mort un temps pour elle ; les deux petites pièces de monnaie, que l’Eglise met dans le tronc de l’humanité qui doit rendre toute gloire à Dieu, peuvent bien être la petite pièce de l’amour de Dieu et la petite pièce de l’amour du prochain. L’Église, épouse du Roi des rois, offre tout ce qui sert à sa subsistance, parce qu’elle reconnaît que tout ce qui contribue à entretenir sa vie, est un don de Dieu ; et Dieu tient toujours pour agréable tout ce que nous lui offrons d’un cœur généreux ; il considère l’intention du donateur (pièces d’argent limées dont on veut se débarrasser par exemple ?), et la disposition généreuse du donateur (superflu ou tout ce qu’on a là). C’est une définition de l’aumône qui est corrigée dans cet évangile : l’aumône ne consiste pas à donner une petite partie des grandes richesses qu’on possède, mais à imiter cette veuve qui s’est dépouillée de tout ce qu’elle possédait. Ne faudrait-il pas que je corrige ma manière de faire des dons ou de donner la quête ? Le panier passe, je jette une pièce pour signifier ma contribution, alors que sur place-là, j’ai plus d’une pièce ; la veuve, elle en a donné deux. C’est peut-être une invitation à évaluer nos dons. Nous donnons moins que le quart de ce que nous avons en poche, même pas le dixième, dans l’attente que le prêtre insiste d’abord, et voilà qu’il n’insiste pas, parce qu’il est timide ce jour-là, et nous retournons à la maison avec ce que nous avons en poche. Dieu qui sonde les cœurs, les reins et les poches a au moins vu que nous n’avons pas été généreux ce jour-là. Que son Esprit-Saint nous aide à vivre pour Lui comme Daniel et ses compagnons et que l’exemple de la pauvre veuve stimule notre générosité. Ouvre mes mains Seigneur, ouvre mon cœur....

Père Hermann Juste NADOHOU-AWANOU

Publié le 23 novembre 2009.

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