(Année liturgique 2010–2011 : A)
Première Lecture : Siracide 1.1–10
Psaume : Psaume 93.1–2, 5
Évangile : Marc 9.14–29
St Pierre Damien (1007-1072)
Frères et sœurs,
La liturgie de la parole de ce jour nous permet d’établir et de vivre la relation existante entre la prière et la foi. En effet, Jésus, en Saint Marc, nous dit : « Tout est possible pour celui qui croit ». Jésus a rejoint la foule, il a retrouvé l’incrédulité des hommes. Mais la prière du père de l’enfant épileptique reste un modèle de toute prière chrétienne : si nous nous adressons à Dieu dans la prière, c’est bien que nous avons la foi ; et pourtant dans le même mouvement, nous découvrons la pauvreté et la fragilité de notre foi. Dans ce contexte, les apôtres s’interrogent : Pourquoi n’avons-nous pu le faire sortir ?
Est-ce que Jésus ne leur a pas donné le pouvoir sur les démons ? Mais ils ne mesurent pas leur manque de foi, et ils oublient la distance qui les sépare encore de leur maître. C’est à eux que s’adressent les dures paroles de Jésus : gens sans foi ! Que de gens pensent être de grands croyants, alors qu’en réalité leur foi n’a encore rien fait bouger dans leur vie.
Il n’y a que la prière pour faire sortir cette espèce-là. Sans doute plusieurs des possédés mentionnés par l’évangile souffraient seulement de maladies mentales et pouvaient être guéris par une force naturelle (Mc 6.5), mais ce n’est pas le cas de ce garçon. Là était la force du mal que seule la prière peut surmonter.
Dans l’évangile de Marc, il n’y a que quatre très brèves références à la prière. La raison en est peut-être que la prière n’était pas une nouveauté pour les Juifs. Il y a mille et une manières de prier, de maintenir notre esprit orienté et tendu vers Dieu : prier les psaumes et les prières de l’Église, méditer le rosaire, chanter, lire la Bible… Mais le but de toutes ces prières est que le Seigneur nous donne l’esprit de prière, c’est-à-dire que nous soyons unis totalement à Dieu au plus profond de nous, même lorsque nous travaillons et que nous sommes attentifs à notre tâche.
Tenons donc fermement le moyen dont nous disposons pour chasser le démon parce que, comme Jésus le dit dans cette page, l’esprit du mal multipliera ses efforts pour nous décourager dès qu’il saura que nous sommes décidés à suivre le Christ (Mt 12.43 ; 13.19). Agir ainsi, c’est être sage ; et, comme le dit la 1ère lecture de ce jour, « toute sagesse vient du Seigneur ; elle reste auprès de lui pour toujours. » qu’il nous maintienne dans cette sagesse maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen.
Père Adelphe Tadagbé ADAMBADJI