Méditation du Lundi 1er Novembre 2010

Solennité de la Toussaint

Tout au long de l’année, nos calendriers nous donne un certain nombre de saints, de saintes, de martyrs dont l’Eglise a reconnu, parfois très longtemps après leur mort, après une longue enquête et à la suite de quelques miracles, la sainteté. Combien sont-ils ? Quelques centaines, quelques milliers au plus. Ils sont loin d’atteindre le nombre de l’apocalypse : « J’ai vu une foule immense … » (1ère lecture) Souvent, dans les séminaires, on m’a posé la question : « Pourquoi tous les saints (ou presque) sont des blancs ? » Je réponds : « Si je le deviens, moi qui suis blanc, cela va encore augmenter la disproportion. Alors, quel est le premier parmi vous qui va le devenir ? » Parmi ceux dont on n’a pas retenu le nom, se trouve sûrement quelques uns de nos parents ou grands parents, même s’ils n’étaient pas chrétiens et aussi des hommes et des femmes d’autres religions. Qu’ont-ils fait de particulier ? Ils ont mis en pratique, souvent sans le savoir, ce que Jésus nous dit dans la parabole du jugement dernier : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger… » « Mais nous ne t’avons jamais vu ? » diront-ils ! C’est vrai. Sans être baptisés, ils ont senti dans leur cœur l’amour, la compassion, la miséricorde envers leurs frères et sœurs plus malheureux qu’eux. Rappelons-nous que le carnet de baptême n’est pas un ticket qui donne le droit d’entrer au ciel. Ou en sommes-nous dans notre désir d’aller les rejoindre un jour ? Que devons-nous faire pour cela. Si je lis l’évangile de ce jour (Mt 5, 1-12a) je vois que Jésus nous propose un chemin à l’envers de celui que tous les hommes ont l’habitude d’emprunter. En effet, que cherchent les hommes ? Le pouvoir, l’avoir, la puissance, la richesse, la santé, la longévité… Mais tout cela ne peut jamais combler un cœur de la joie, de la paix, du bonheur que Jésus vient nous proposer. Un jour, tout cela se termine et au moment de paraître devant Dieu on risque de se trouver les mains vides. Au contraire, si nous suivons le chemin de Jésus, la recherche de la justice, de la vérité, du pardon, de la pureté, de la paix et si nous comprenons que la souffrance unie à celle du Christ nous purifie, alors, nous pouvons sentir en nous une grande joie et c’est cette joie qui sera comme la clé capable de nous ouvrir le ciel. Essayons donc aujourd’hui de faire grandir la joie en nous à travers tout ce que nous ferons, dans toutes nos rencontres, « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, cat votre récompense sera grande dans les cieux. » Oui, c’est tout simplement cela la sainteté, à la portée de chacun, au jour le jour, la joie que nous essayerons de vivre en nous-mêmes et de transmettre autour de nous.

Père André CHAUVIN, SMA

Publié le 1er octobre 2010.

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