Méditation du Lundi 18 Janvier 2010

Dieu nous fait l’honneur de sa présence, comme autrefois il l’a fait à Saül en le choisissant comme 1er roi d’Israël et comme dans l’évangile, Jésus le fait aux disciples. Ce que Saül n’a pas réussi, les disciples du Christ le réussiront. Mis en présence de Dieu, on ajuste ses habitudes au rythme de Dieu. On laisse ses vieilles habitudes et raideurs, on se dépouille du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau. Saül a raté ce tournant, lui qui choisit la voie de la désobéissance à Dieu en toutes choses. Déjà au chapitre 13 de Samuel, il prend la place du voyant Samuel pour offrir un sacrifice alors que ce dernier n’arrivait pas, et à peine le sacrifice offert, il le voit venir (Sm13,8-10). Il était sorti de son droit de roi pour entrer dans un domaine plus haut qui n’était pas le sien. Et dans le texte d’aujourd’hui, c’est sa désobéissance à l’ordre de Dieu que lui révèle Samuel : en effet, Dieu a ordonné au roi Saül, par l’intermédiaire de Samuel, de détruire les Amalécites, une race extrêmement cruelle et agressive qui avait presque réussi à anéantir Israël lors de leur première sortie d’Egypte. Mais il choisit de faire ce qui l’arrange, prendre le meilleur du butin pour prétendre l’offrir en sacrifice à Dieu, c’est alors que jaillit la réponse du prophète : « Est-ce que le Seigneur aime les holocaustes et le sacrifice autant que l’obéissance à sa parole ? Oui l’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité vaut mieux que la graisse des béliers ». Si La désobéissance de Saül l’a privé du royaume, notre désobéissance à nous autres peut nous priver du royaume des cieux ; et la désobéissance de Saül est simple : faire sa propre volonté, se détourner de Dieu et ne pas observer ses paroles. Notre désobéissance à nous autres peut passer par notre manque d’attention à la présence de Dieu.

Dans l’évangile, ce n’est plus à Jésus qu’on s’en prend directement, mais à ses disciples qui ne jeûnent pas comme le font les disciples des pharisiens et ceux de Jean, et on s’en plaint à Jésus. Et Jésus met ces plaignants en face d’une réalité existentielle. Peut-on avoir le bonheur en face de soi et être malheureux ? Peut-on avoir le bonheur de cette présence de Jésus, et s’attrister comme s’il n’est pas là ? Jésus, l’Epoux, est là pour redresser les signes de vieillissement que présente l’ancienne alliance pour nous faire entrer dans l’économie de la nouvelle alliance ; et les disciples ont vite perçu cela, lorsqu’ils ont accepté de devenir les amis de l’époux, lorsqu’ils ont accepté de faire partie de ceux-là qui accueillent Jésus et acceptent que le vin nouveau, qu’est son évangile, s’épanche dans l’outre de leur cœur renouvelé dans la puissance de l’Esprit, qui tisse en eux de nouvelles manières de sentir, d’agir, d’envisager l’existence. Les amis de l’époux sont ceux-là qui ont accepté d’abandonner les préférences du monde, avec ses convoitises, ses désirs désordonnés, son goût effréné de l’argent et son souci de la réussite à tout prix pour devenir les amis de la noce. Demandons dans la foi cette grâce de nous comporter toujours et partout en ami(e)s de l’Epoux en disposant nos cœurs à accueillir cette perpétuelle nouveauté qu’est le Christ lui-même, et en ne raccommodant pas le message du Christ avec nos traditionnelles façons d’agir, de penser et d’aimer.

Abbé Hermann NADOHOU

Publié le 18 janvier 2010.

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